Les participants
Le phénomène de femmes accouchées gardées dans les centres de santé et hôpitaux pour non payement de factures a fait l’objet d’une étude. L’ONG le Groupement la vie pour tous (GLVPT) a présenté les résultats de son travail sur la question qui constitue une réelle préoccupation pour plus d'un. Le contenu du rapport a été rendu public, vendredi 9 décembre 2022, au cours d’un atelier de validation et de restitution de l’étude sur la « détention illégale des femmes accouchées dans les hôpitaux aux Bénin pour défaut de payement ». Cette étude sur la thématique a été réalisée grâce au soutien de la Commission béninoise des droits de l’hommes (CBDH) et l’accompagnement financier de l’Union européenne.
L’étude a été réalisée sur 51 femmes accouchées et gardées dans les départements du Littoral, de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Borgou et dans 06 centres hospitaliers universitaires et de zones. Il s’agit du CNHU, du CHUZ d’Abomey-Calavi, de l’hôpital de zone d’Allada, du CHUD de Porto-Novo, de l’hôpital de zone d’Adjohoun et du CHUD de Parakou. Ces femmes sont « détenues » parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer leurs frais d’hospitalisation. Selon le rapport, malgré que ces femmes soient retenues dans les hôpitaux, elles doivent se débrouiller pour survivre.
« Les repas sont à 100% assurés par elles-mêmes ou leurs proches, de même que les soins de santé pour celles qui ont eu des problèmes de santé dans la période. Quant aux toilettes, une sur deux femmes ont dû payer pour satisfaire à ce besoin », a révélé l’étude.
Les femmes des foyers polygames sont moins touchées par ce fléau social que celles de foyers monogames. « Les résultats révèlent que les femmes de foyers monogames sont prépondérants dans le groupe et représentent 45,1% de l’effectif total contre 33,3% de polygames. Les célibataires et celles qui sont en union libre ne font que 21,6% de l'ensemble », apprend le document. D’après l’analyse du document, elles sont habituées à se prendre en charge parce que très ignorées par leur mari.
Ces femmes sont en moyenne à leur troisième geste avec une plus grande chance d’accoucher par la voie la basse, soit 54,9%. Il ressort de cette étude que le phénomène s’observe beaucoup plus dans les milieux urbains avec une plus forte proportion au Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou. Une bonne partie de ces femmes (45,1%) sont inactives et donc en situation de précarité, un peu comme leurs conjoints.
Le rapport révèle que parmi ces femmes accouchées retenues, il y en a qui sont des mères d’un enfant, d’autres de jumeaux et même celles qui ont perdu leur bébé à la naissance. « Les femmes qui n'ont pas soldé les frais liés à la naissance de leur nouveau-né, séjournent en moyenne 20 jours dans les centres de santé », renseigne le document. Ces séjours constituent pour les femmes qui ont déclaré majoritairement (82,4%) que cette situation est une source de stress ou de souci. L'Étude a souligné que ces femmes victimes se retrouvent dans ces conditions parce que leurs maris et conjoints refusent de prendre leurs responsabilités.
Des représentants des centres hospitaliers se défendent
Des responsables de centres hospitaliers ont apporté des clarifications sur la situation. Ils ont été unanimes sur le fait que les femmes victimes sont gardées afin que le centre puisse recouvrer les frais pour son fonctionnement. Selon Jemilath Lalèye, assistante sociale au Centre hospitalier universitaire de la mère et l’enfant lagune (CHU-MEL), toute patiente qui compte demander l’assistance doit 3 semaines supplémentaires. « Une femme qui est venue solliciter l’assistance peut rester encore une, deux, et trois semaines au maximum pour suivre toutes les étapes », a-t-elle indiqué.

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