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Bopda : le scandale sexuel qui fait grand bruit au Cameroun

Bopda : le scandale sexuel qui fait grand bruit au Cameroun

Le Cameroun est secoué depuis le 19 janvier 2024 par un scandale sexuel après des dizaines de révélations accablantes de viols, agressions, séquestrations et proxénétisme contre Hervé Bopda, un personnage mondain.

Le Cameroun est secoué depuis le 19 janvier 2024 par un scandale sexuel après des dizaines de révélations accablantes de viols, agressions, séquestrations et proxénétisme contre Hervé Bopda, un personnage mondain.

Le présumé violeur et agresseur, Hervé Bopda

Le présumé violeur et agresseur, Hervé Bopda

Dans les médias ou dans l’opinion publique, l’affaire Bodpa occupe la place majeure dans les débats au Cameroun. Tout est parti du vendredi 19 janvier 2024. N'zui manto, le lanceur d’alerte, publie sur sa page Facebook, le témoignage d’une femme agressée par une arme après avoir refusé de donner son contact téléphonique à un dragueur. 

 

 

“Je suis une jeune femme qui travaille dans la ville de Douala plus précisément à Bonapriso. Je viens de me faire agresser à l’arme à feu par le dénommé HERVÉ BOPDA au carrefour Bonadouma Home à Bonapriso’’, lit-on dans la publication. 
La présumée victime d’agression raconte attendre avec une amie un taxi au bord de la voie quand un homme en voiture a garé et essaie de draguer l’une d’entre elles. Mais le refus de la jeune femme a provoqué la colère de l’homme.

 


 
‘’Je lui dis : non. On ne gare pas comme ça pour draguer une femme. Il s’est offusqué et a commencé à lancer des paroles violentes comme Saleté, etc. J’ai décalé pour ne pas l’écouter. Il me serre avec le véhicule. Je vais en arrière. Il sort de son véhicule et vient me donner une baffe au visage de toutes ses forces et quand je prends une pierre pour casser son pare-brise afin de me défendre, il sort une arme de son dos et la pointe sur moi’’, témoigne la jeune femme. Elle dit s’être tirée d'affaire grâce au secours des agents de sécurité qui étaient dans les environs.

 

Selon la présumée victime d’agression, après le départ du véhicule, plusieurs passants ont reconnu l’homme qui a entre-temps pris la tangente avec son véhicule. Ils lui auraient confié qu’il est un habitué. 

 

 

Ce témoignage est le premier d’une centaine publiée sur Hervé Bopda. L’homme, décrit comme un puissant homme d’affaires et proche du régime du président Paul Biya, aurait commis des actes de viols, d’agressions sexuelles et de séquestrations sur de nombreuses jeunes femmes et d’hommes. Il serait à la tête d’un vaste réseau de proxénétisme dont seraient membres plusieurs influenceuses camerounaises. 

 

 

‘’Quand j’ai fait cette publication, les minutes qui suivent s'enchaînent des témoignages horribles, friables de femmes et d’hommes qui ont été sur période entre 2004-2005 victimes de cette personne. Tout le monde reconnaît son virage. Tout le monde reconnaît la même méthode : quelqu’un qui est en colère, qui est extrêmement violent, qui a une certaine haine pour les femmes et qui a toujours ce réflexe d’envoyer sa main sous sa ceinture pour sortir son arme’’, a témoigné N'zui Manto dans un direct Facebook.

 

Les témoignages suscitent de vives réactions au Cameroun, mais également hors du pays. De nombreuses personnalités et influenceurs appellent à l’arrestation de l’homme d’affaires mis en cause et réclament justice pour les victimes. Le hastage #stopboda  a été crée dans la foulée pour réunir les publications liées au scandale. 

 

 

Après l'éclatement du scandale, le mondain Hervé Bopda accusé, porte plainte contre X, le 22 janvier 2024, pour diffamation par voie de communication électronique et complicité et menace simple. Il demande à la justice d’ouvrir une enquête contre les lanceurs d’alertes auteurs des publications déplorées.

 

 

Quelques jours plus tard, le 25 janvier, la commission des droits de l’homme et des libertés du Bureau du Cameroun du barreau a saisi le procureur de la République près le tribunal de Yahoudé pour des infractions d’outrage à la pudeur, harcèlement sexuel, viol, menaces, séquestrations et violences sur plusieurs victimes.

 

 

La Commission des droits de l’homme du Cameroun a, à travers un communiqué, demandé aux autorités de ‘’mener promptement, mais avec la sérénité et l'impartialité requises, des investigations’’ sur les allégations et à ‘’prendre les mesures qu’impose la loi, au vu des résultats des enquêtes’’. Le ministère de la promotion de la femme et de la famille encourage les victimes à témoigner. 

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