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Drame de l’alcool frelaté dans l’Atacora : réveil du Parlement, Banouto donnait l’alerte dans une enquête en 2022

Drame de l’alcool frelaté dans l’Atacora : réveil du Parlement, Banouto donnait l’alerte dans une enquête en 2022

Au cours de la plénière du jeudi 16 mai 2024 de l’Assemblée nationale du Bénin, les députés se sont penchés sur la question orale avec débat sur la fabrication, la commercialisation et la consommation de l’alcool frelaté. Les députés ont affirmé l'urgence d’agir pour sauver la jeunesse surtout dans le septentrion comme l’avait exposé Banouto en 2022, dans une enquête grand format sur le phénomène.

Au cours de la plénière du jeudi 16 mai 2024 de l’Assemblée nationale du Bénin, les députés se sont penchés sur la question orale avec débat sur la fabrication, la commercialisation et la consommation de l’alcool frelaté. Les députés ont affirmé l'urgence d’agir pour sauver la jeunesse surtout dans le septentrion comme l’avait exposé Banouto en 2022, dans une enquête grand format sur le phénomène.

Les députés de tous les bords, opposition et mouvance, appellent à des mesures urgentes contre la fabrication, la commercialisation et la consommation du sodabi frelaté. Le sujet a été débattu lors de la plénière du jeudi 16 mai 2024 au Parlement. Le problème de l’alcool frelaté a été l’objet d’une question orale avec débat adressée au gouvernement. Après les réponses apportées par la ministre du commerce et de l’industrie, Shadiya Assouman, les députés ont fait le débat autour de cette problématique.

 

Auteur de la question orale, le député de l’Union progressiste le renouveau (Upr), Oumarou Lafia Boukari a estimé que « l’alcool frelaté constitue une gangrène dans la gorge des autorités locales et de la police républicaine ». Plusieurs maires et commissaires de police ont mené des combats sans merci contre ce phénomène pour des résultats encore faibles. Il a souhaité que la plénière discute et trouve les mesures idoines pour arrêter la saignée. 

 

Son collègue du même groupe parlementaire, Jacques Yempabou a relevé que les mesures prises par le gouvernement « paraissent sans effet dans nos localités » face à ce qu’il appelle « poison ». « Nous, dans nos localités aujourd’hui, les bras valides ont déserté le forum. Il n’y a que des squelettes, des jeunes de 15, 20 ans qui ne peuvent même plus se tenir debout parce qu’on leur a fait consommer du sodabi frelaté », alarme-t-il.

 

Il préconise que la ministre, de son autorité, prenne un arrêté pour interdire la production et la commercialisation de ce produit.

 

Le député Bloc républicain, Charles Toko indique qu’il ne s’agit pas de n’importe quelles boissons frelatées. « Ce dont il s’agit, c’est du sodabi fabriqué localement dans le Nord à base de clous rouillés, à base de tôles rouillées, à base de fers rouillés », précise-t-il. Il informe même que les gens fabriquent le sodabi en mettant simplement deux comprimés dans une quantité donnée d’eau. L’ancien maire de Parakou soutient que ce type d’alcool décime la jeunesse du Nord. A cela s’ajoute le tramadol, le formol, la dissolution et le diazépam, selon Chabi Baké, députée Upr. Charles Toko estime qu’aucune loi ne peut lutter contre cela. Il pense qu’il faut aider les policiers dans l’arraisonnent de ce type d’alcool.      

 

Abou Torou, de l’Upr propose qu’il y ait une collaboration entre les populations et les commissariats de police, les populations ayant souvent connaissance des lieux de fabrication du produit leur localité. Il demande qu’il y ait une prompte réaction de la police en cas de dénonciation. 

 

« Il n’y a pas un village dans le nord du pays où il n’y pas de kiosque où se vendent des boissons frelatées », a insisté le député du groupe parlementaire « Les démocrates », Alassane Karim. Il a rappelé que l’alerte avait été donnée par des médecins que d'ici à quelques années l’Atacora n’aura plus de bras valides à cause de la consommation abusive des boissons frelatés. Il relève que les autorités locales ont des difficultés à lutter contre ce ''poison'' et propose la prise d'une loi pour limiter les dégâts. 

 

Assan Séïbou, président du groupe parlementaire Br, parle d’une « catastrophe réelle qui décime les jeunes dans le septentrion. Et, « si les autorités locales n’arrivent pas à lutter contre ça, c’est au regard du nombre de jeunes qui passent leur temps et la nuit à boire ». « Quand vous voulez refuser, même politiquement, vous pouvez avoir une répulsion de la part des populations », appuie-t-il. Le député rappelle que le sodabi était un label que le Bénin vendait même à l’extérieur. Selon lui, la situation actuelle demande « des décisions hardies ». Il demande la destruction des unités de production installées dans les localités.

 

Ce sujet, Banouto l’avait déjà abordé dans une enquête grand format effectuée dans l’Atacora en 2021 qui a conduit à la publication de quatre articles début 2022. Notre enquête, encore accessible ici, avait révélé différents aspects du drame social et sanitaire que crée le sodabi frelaté. Le premier article de l'enquête est intitulé « Bénin : le sodabi frelaté coule à flots dans l’Atacora ». Le deuxième porte sur « pourquoi le sodabi frelaté règne dans l’Atacora ». Le troisième article parle du fardeau social et mortel de l’Atacora et le dernier est titré « Sodabi frelaté dans l’Atacora au Bénin : à qui profite le crime ? ».

 

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