Photo de famille de l’Association béninoise des acteurs de la formation agricole et rurale (ABeFAR), Abomey-Calavi le 12 juin 2025
La création de l’association regroupant les acteurs de la formation agricole et rurale au Bénin s’opère. L’atelier de formalisation de cette association a démarré le jeudi 12 juin 2025 pour prendre fin le vendredi 13 juin 2025 à Abomey-Calavi.
Le Bénin a été un acteur clé dans la création en 2006 du Réseau international de la formation agricole et rurale (RIFAR), né à la suite de l'atelier de Ouagadougou de 2005 sur la formation de masse en agriculture. Le RIFAR promeut la mise en place de plateformes nationales de FAR dans les 19 pays membres dont le Bénin. C’est dans cette logique qu’est organisé l’atelier de formalisation de l’Association béninoise pour la formation agricole et rurale (ABeFAR).
Cet atelier réunit une diversité d’acteurs dont des cadres des ministères sectoriels, centres de formation, représentants du monde agricole et professionnel. Pour Ismail Moumouni, cette rencontre vise à ancrer l’association dans un cadre juridique et organisationnel solide pour davantage mettre en lumière les initiatives d’un secteur au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire, d’emploi des jeunes et de transition agroécologique.
L’Association béninoise pour la formation agricole et rurale a principalement pour objectif de promouvoir le partage de connaissances, le partage d’expériences entre les acteurs qui sont impliqués dans la formation agricole et rurale au Bénin. C’est ce qu’a expliqué Ismail Moumouni, professeur à la Faculté d’agronomie de l’Université de Parakou et représentant national du Réseau international Formation Agricole et Rurale (FAR).
Pour un plaidoyer plus structuré
À travers cette plateforme, les acteurs entendent également mener un plaidoyer plus structuré pour obtenir une attention accrue des décideurs. « C’est un réseau qui se positionne pour organiser du plaidoyer pour que les décideurs politiques s’intéressent davantage et encore plus (...) à la question de la formation agricole et rurale, en vue de travailler pour sa rénovation et laquelle rénovation doit permettre une meilleure insertion de jeunes agriculteurs et de jeunes impliqués dans les différentes chaînes de valeur agricoles au Bénin », a déclaré le professeur Ismail Moumouni.
Pour Dr Jacques Agbényigan Ayité, cette formalisation nationale n’est pas seulement symbolique, elle est structurante pour l’avenir de l’agriculture sur le continent. « Cette formalisation ouvre la voie aujourd’hui pour que les différentes synergies se mettent ensemble pour travailler pour le secteur agricole », a indiqué le vice-président du Réseau international FAR, venu spécialement du Togo pour l’atelier. Il a souligné aussi que la formation est centrale dans tous les maillons de la chaîne de valeur « que ce soit le maillon de production, la transformation, la commercialisation ».
Une question reste cependant en suspens : pourquoi avoir attendu près de 20 ans pour formaliser au plan national une association que le Bénin a contribué à fonder dès 2006 à l’international ? Marcelin Hylé, secrétaire technique permanent du Cadre national de concertation pour la promotion de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP), a fait savoir que cette attente a consisté à « s’assurer qu’on a les bases solides ». L’autre condition évoquée par le secrétariat technique est l’évolution du contexte politique et institutionnel. « Il faut d’abord s’assurer que dans le pays, au Bénin, chez nous, on a une base solide aujourd’hui de la formation agricole et rurale à travers le soutien de la politique ».
Il est attendu à l’issue des travaux, l'élection des membres du bureau exécutif et des organes de gouvernance, l’adoption des textes statutaires et la validation d’une feuille de route initiale.
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