Photo de famille des participants à la séance de sensibilisation et de remise de don à Ahowégodo
Lutter pour la paix et promouvoir le leadership féminin à l’échelle locale. Telle est la mission que s'est assignée Fatouma Ahouansou. C’est dans son village à Ahowégodo, à plus de 40 km de Cotonou, qu'elle a jugé bon de sensibiliser ses concitoyens.
Dimanche 15 juin 2025, à l'EPP Ahowégodo dans l'arrondissement de Kpanroun, elle a réuni autorités locales, jeunes et femmes dans une même dynamique de dialogue, de cohésion et d’engagement pour un développement durable et inclusif.
Pensé comme un espace de sensibilisation collective, ce rendez-vous a permis de promouvoir les valeurs de paix comme socle d’un mieux vivre ensemble, mais aussi comme condition préalable à l’autonomisation des femmes, au développement local et à la cohésion sociale.
La séance d'échange s'est axée sur le thème : « Le rôle de la paix dans le développement du Bénin et l’émancipation des femmes ».
Face aux autorités locales, à ses pairs et à ses invités, Fatouma Ahouansou a décliné les vertus cardinales de la paix. « La prudence, la justice, la force, la tempérance, l’honnêteté, l’amour, la tolérance, le pardon, l’humilité, le respect », sont, selon elle, autant de piliers qui fondent une société stable, capable de garantir un avenir serein pour tous.
En prenant appui sur les principes transmis par le PAEG 1, la jeune leader a martelé que la paix ne se décrète pas, mais se cultive au quotidien, dans les familles, les communautés et les associations. « Il faut des comportements et des actions concrètes pour préserver la paix dans le village, dans l’arrondissement, dans la communauté et dans le pays tout entier », a-t-elle insisté.
Plusieurs voix se sont jointes à celle de l’initiatrice pour magnifier la pertinence de la promotion de la paix et donc le bien-fondé de l'initiative. Juste Adjiba, expert en management de projet et acteur politique, a salué l’effort de Fatouma Ahouansou pour rassembler sa communauté autour d’un idéal commun.
Il a rappelé que la femme, dans sa quête d’épanouissement, doit savoir entretenir la paix dans son milieu de vie ou de travail. « Que chacun puisse revoir sa copie pour maintenir la paix. Parce qu’au-delà de tout, il faut avoir les prédispositions nécessaires pour un environnement paisible et idéal à tout un chacun », a-t-il déclaré.
Un engagement de long terme
La rencontre du 15 juin 2025 n’est pas une première. Déjà, le 23 novembre 2024, Fatouma Ahouansou avait organisé à Ahowégodo un atelier de formation sur le leadership féminin et la prise de parole en public.
Cette activité destinée aux femmes a créé un déclic chez les citoyennes du groupement des femmes transformatrices de manioc en gari et en tapioca à Ahowégodo. Elles ont décidé de se faire aussi former en fabrication d'atiekè (un met ivoirien bien apprécié et consommé également au Bénin, Ndlr) afin d'accélérer le processus de leur émancipation économique.
Afin d'encourager cette dynamique, Fatouma Ahouansou a saisi la séance du 15 juin 2025 pour remettre à ces femmes des ustensiles de transformation. Le don est composé de marmites et de bassines en aluminium.
Un geste salué par Micheline Baba, présidente du groupement. « On n’avait pas de marmites pour fabriquer l’atièkè. Et aujourd’hui elle nous a offert cela. Nous en sommes contentes, nous la remercions et prions pour que ses activités prospèrent davantage », a-t-elle exprimé avec joie.
Des différentes communications, elle retient l’importance de la tolérance et du dialogue au sein du groupement pour garantir la réussite collective.
Le message semble passer aussi chez Sikirou, vice-président de l’organisation des jeunes de Kpanroun. «La paix est fondamentale pour la survie des associations des jeunes. Pour la garder, il faut la tolérance, le pardon, surtout l’humilité et l’entraide », retient-il de la séance.
La rencontre s’est achevée dans une ambiance festive, marquée par un cocktail convivial et des instants de danse partagés. Une atmosphère de fraternité et de joie, symbole vivant du message prôné tout au long de la séance. Un signe que la sensibilisation a touché les cœurs et semé les graines d’un vivre-ensemble harmonieux. Le Chef du village d'Ahowégodo et et le Chef de l'arrondissement de Kpanrou ont pris une part active à cette rencontre. Les deux autorités ont invités les populations de ce village de la l'arrondissement de Kpanrou à cultiver la paix autour d'eux et dans leurs interactions avec les autres.
Le consortium RIFONGA-WANEP-FENEP (CRWF), a été représenté à ce rendez-vous de partage par Annick Adjilé Agbidinoukoun, facilitatrice du PAEG 1 Zone 3. Le PAEG, a-t-elle expliqué aux participants, vise à insérer les femmes dans les instances de prise de décision. Puisque, argue-t-elle, quand vous n’êtes pas présent lors d'un partage, vous risquez d'être le dernier et le moins servi. « Comment allons-nous faire pour rester et prendre des décisions aux côtés de nos frères, de nos pères et de nos époux, est la question à laquelle nous essayons d’apporter des réponses », a-t-elle étayé.
La représentante du CRWF a salué l'initiative de Fatouma Ahouansou en rappelant que les périodes électorales sont considérées comme des moments de fête. C'est pourquoi, a-t-elle exhorté, il faut mettre les bouchées doubles en préservant la paix pour que les élections générales de 2026 se déroulent dans la convivialité.
Le Programme d'appui à l'égalité de genre (PAEG 1) est piloté par le consortium RIFONGA-WANEP-FENEP avec l'appui technique du PartiCip. Porté par le gouvernement béninois, ce programme est mis en oeuvre grâce au soutien financier de la Coopération suisse au Bénin.
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