Illustration
Avec l’urbanisation rapide du continent, l’IA s’impose comme un levier incontournable pour relever les défis complexes des villes africaines. C’est ce qu’a soutenu Mahuna Akplogan, Head of Sèmè City Springbord, lors d’un panel à la Semaine du Numérique, ce jeudi 20 novembre 2025.
L’IA est un moteur de la ville africaine. Selon Mahuna Akplogan, « derrière ceci, ce n’est pas une technologie, c’est un service qu’on pense ». L’IA ne doit pas être vue comme une technologique, mais comme un outil permettant de mieux comprendre et anticiper les besoins des habitants.
Il illustre cette approche par l’exemple de Cotonou. Il estime qu’en analysant les mouvements des populations, l’IA aide à repenser les infrastructures, par exemple en installant des abris et des toilettes adaptées aux besoins réels des populations vulnérables.
Pour lui, ce travail repose sur la capacité à simuler des comportements et à innover dans la conception des matériaux urbains. Le projet « Material Project » en est une illustration, permettant de prédire « les caractéristiques physiques, chimiques, thermiques, mécaniques » des matériaux, afin d’éviter des solutions énergivores comme la climatisation. Mahuna affirme que « l’IA permet de simuler des comportements », ouvrant la voie à une urbanisation durable et innovante.
Toutefois, il souligne aussi les défis liés à l’usage des données. « Des fois, on ne sait pas encore totalement, scientifiquement, comment adresser tout ça », relève-t-il. Il insiste sur la nécessité d’« une IA explicable » capable de dire pourquoi une décision a été prise, avec une traçabilité rigoureuse, pour éviter des biais et garantir la confiance des citoyens.
Humaniser l’IA. L’aspect humain est au cœur de sa présentation. Il questionne si les algorithmes peuvent « ressentir l’histoire de ces territoires ». Mahuna Akplogan souligne que l’urbanisation se construit aussi sur la mémoire et l’identité des populations. Sur les quartiers informels, il invite à ne plus les voir seulement comme un problème à résoudre, mais comme une réalité à intégrer : « les gens ne s’installent pas dans un quartier qualifié d’informel parce qu’ils ont envie ».
Le présentateur plaide pour une technologie au service de l’humain, affirmant que « l’avenir urbain dépendra moins des algorithmes que de la manière dont on va les humaniser ». Un point fondamental : « l’humanité de la technologie doit être le centre de la technologie ».
Mahuna Akplogan propose une vision claire et humaniste : utiliser l’intelligence artificielle comme un catalyseur pour bâtir la ville africaine de demain, mieux adaptée, plus durable, et profondément ancrée dans les réalités sociales et culturelles du continent.
NB: Cet article est réalisé dans le cadre d’une rédaction éphémère de MediAOS, un projet mené par CFI.
0 commentaire
0 commentaire