Ouverture du procès du commissaire de police Landry Delcoz Kindjanhoundé à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Arrêté et placé sous mandat de dépôt au lendemain du coup d'Etat déjoué contre le président Patrice Talon, le fonctionnaire de police a comparu ce lundi 9 février 2026.
Le commissaire de police est poursuivi par le parquet spécial pour les faits de « harcèlement via internet, incitation à la haine, incitation à la rébellion et détention d’arme à feu ». Il lui est reproché la publication d'une vidéo dans laquelle il appelle au soulèvement contre le pouvoir en place. Il a accusé le chef de l'Etat béninois de complicité avec les terroristes.
Landry Delcoz Kindjanhoundé a exposé son parcours d’homme en uniforme. Recruté en 2014 en tant que militaire, il a basculé à la gendarmerie à l’époque avant la fusion de cette unité avec la police nationale d’alors.
Convoqué à la barre vers 15h45, le policier, vêtu d’une tenue traditionnelle de couleur blanche surmontée de son gilet de prisonnier, s’est présenté devant la Cour.
A l’inculpation, l’agent de police a plaidé coupable. Il a reconnu avoir produit cette vidéo qu’il a relayée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Le policier a expliqué avoir appelé le peuple béninois à une révolution en qualité de simple citoyen. « Vous étiez en tenue, est-ce que c’est ce que vous appelez qualité de simple citoyen ? », interroge le président des céans.
Le prévenu a répondu que c’est possible dans une certaine mesure. « Et dans quelle intention avez-vous publié la vidéo ? », a cherché à comprendre la Cour. Le policier a expliqué qu’il est tracassé par "l’âme des morts". « J’étais envoyé au front en fin 2023. J’ai vu des camarades mourir, des hommes tombés sous des balles », a déclaré le policier à la barre.
La Cour l’interpelle sur ses déclarations. « C’est pour ces raisons que vous avez déjà décidé de publier ? », questionne le président des céans s'adressant au mis en cause. A cette nouvelle interrogation, le prévenu répond par l'affirmative mais souligne que ce n'est pas la seule motivation. « J'ai quatre raisons. C’est la première », a-t-il souligné.
La Cour demande au policier s'il n’y a pas un autre moyen pour le faire savoir. Le fonctionnaire de police a expliqué qu’il a exploité deux moyens sans succès. Il dit avoir fait une note et une fiche qu’il a adressées à sa hiérarchie.
Après une vingtaine de minutes, le ministère public a souhaité que les débats soient renvoyés à une autre audience. La Cour a donné une suite favorable à la demande du parquet et a renvoyé le dossier au 20 avril 2026. Le juge a demandé au fonctionnaire de police de ne pas oublier les trois autres raisons qui l’ont poussé à publier sa vidéo. Il va les exposer à la prochaine audience.
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