Nouvelle audience du procès du lieutenant-colonel jugé pour avoir envoyé un message à Pascal Tigri, chef des putschistes du dimanche 7 décembre 2025. « Félicitations Mr le Président », aurait-il écrit dans un groupe WhatsApp qu’il partageait avec son promotionnaire (Pascal Tigri, Ndlr) en fuite et plusieurs autres hommes de l’armée. Ce message est interprété par la justice comme un soutien au groupe des militaires qui ont tenté de renverser l’ordre constitutionnel au Bénin.
L’officier est alors poursuivi par le parquet spéciale de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « apologie du crime contre la sûreté de l’État ». Après la première audience du 22 juin 2026 dans le dossier, le mis en cause a comparu une nouvelle fois ce lundi 6 juillet 2026.
A cette nouvelle audience, le lieutenant-colonel a reprécisé et a affirmé sa loyauté au pouvoir de Patrice Talon victime de la tentative de coup d’Etat. A la barre, ce lundi, l’officier a déclaré qu’il avait réalisé des missions qui lui ont valu des félicitations de la part de ses supérieurs hiérarchiques et même de l’ancien chef de l’État, Patrice Talon.
Détendu au milieu de ses deux avocats, le lieutenant-colonel a rejeté le fait d'avoir été informé des préparatifs du coup de force. « On dirait que vous avez eu l’information sur le coup d’État », l’interroge la Cour. Le prévenu a indiqué qu’il n’était pas informé. Il a ajouté que s’il était informé, il aurait informé sa hiérarchie pour que le coup soit déjoué par anticipation.
Concernant le message, il a insisté que c’était par peur après avoir appris qu’un blindé soit passé dans son quartier à vive allure. « Mon message n’était pas pour valoriser l’action de Pascal Tigri. J’avais peur pour ma vie », a-t-il déclaré. Cette peur qu’il aurait manifesté dans la matinée (vers 9 heures) du dimanche 7 décembre 2026 serait liée à ces relations distantes avec le meneur du putsch manqué.
L’officier a qualifié le massage de Pascal Tigri qui lui a demandé du renfort de diversion. « Certes, nous sommes de la même promotion, mais on ne s’entend pas. Quand nous étions dans le même camp, il ne venait pas là où j’étais », a-t-il fait savoir. Mais la Cour le relance lui demandant s’il ne nourrit pas l’ambition de mener un coup d’État.
Le prévenu a fait savoir que si c’était une de ses ambitions, il l’aurait peut-être fait par le passé. Le lieutenant-colonel a expliqué qu’il a, lors d’une opération dans le fuseau-nord, dirigé 3 000 hommes dont des commandos. « Avez-vous eu de contact avec d’autres auteurs de la tentative », l’interroge l’un de ses avocats.
La réponse du prévenu a été sans ambage. « Jamais, je n’ai eu de contact avec eux », a-t-il soutenu. Après quelques minutes qu’ont duré les débats, la Cour a renvoyé le dossier au 20 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.
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