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Cotonou: un homme accusé d'avoir escroqué une centaine de personnes par de fausses offres immobilières déposé en prison

Cotonou: un homme accusé d'avoir escroqué une centaine de personnes par de fausses offres immobilières déposé en prison

Au Bénin, un présumé faux agent immobilier est accusé d'avoir escroqué une centaine de victimes par de fausses offres. Interpellé, le mis en cause a été placé sous mandat de dépôt après son audition devant le procureur spécial de la CRIET, jeudi 9 juillet 2026.

Au Bénin, un présumé faux agent immobilier est accusé d'avoir escroqué une centaine de victimes par de fausses offres. Interpellé, le mis en cause a été placé sous mandat de dépôt après son audition devant le procureur spécial de la CRIET, jeudi 9 juillet 2026.

Il publiait des appartements qu'il ne possédait pas, envoyait de faux certificats d'identification, changeait d'identité au fil des échanges et allait jusqu'à utiliser la photo d'une commissaire de police pour rassurer ses interlocuteurs. À la CRIET, une présumée escroquerie ayant fait au moins 81 victimes était au coeur d'une audition jeudi 9 juillet 2026.

 

Le mis en cause a été présenté au procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il est soupçonné d'avoir monté un système d'escroquerie reposant sur de fausses offres de location d'appartements et de vente de meubles publiées sur les réseaux sociaux.

 

Selon les informations recueillies par Banouto auprès de victimes et d'une source proche du dossier, le prévenu diffusait des images d'appartements dont il n'était pas propriétaire ainsi que des photographies de meubles proposés à la vente sans qu'ils n'existent réellement.

 

Lorsque des internautes manifestaient leur intérêt, il se présentait comme un simple intermédiaire et leur communiquait le contact de la personne censée conclure la transaction. « Moi-même je n'ai pas le temps. Je suis occupé. Je suis en voyage », aurait-il l'habitude de dire, selon une victime rencontrée à la CRIET.

 

Mais, selon plusieurs victimes, cette seconde personne n'était autre que le prévenu lui-même, agissant sous une autre identité. Il se serait notamment fait passer pour une femme et aurait utilisé, sur son profil, la photographie d'une commissaire de police en uniforme afin d'inspirer confiance.

 

Cette dernière aurait découvert l'utilisation de son image après avoir été abordée par un vigile qui croyait avoir affaire à la personne derrière la structure immobilière. « Ah c'est vous madame ? Je n'ai pas encore trouvé le reste de l'argent. C'est pourquoi je ne vous ai pas encore contactée pour ma location », lui aurait-il lancé, selon le récit rapporté par une victime. C'est en ce omment que l'officier de police a su que son image a été associée à une escroquerie et a déposé une plainte.

 

De faux CIP pour rassurer les victimes

 

Selon une source proche du dossier, le prévenu ne se limitait pas aux échanges téléphoniques. Dès les premiers contacts, il transmettait aux victimes un Certificat d'identification personnel (CIP) présenté comme celui de la personne chargée de poursuivre les négociations.

 

Ces documents étaient des faux, confient nos informateurs. Les CIP servaient ensuite à acquérir des cartes SIM sous les mêmes identités. « Si vous essayez de vérifier la conformité de l'identité sous laquelle le numéro est enregistré et celle de la carte CIP, vous aurez le même nom », apprend une source.

 

Ce procédé aurait convaincu de nombreuses victimes de verser des avances de garantie allant de 50 000 à 105 000 FCFA pour réserver un logement.

 

Selon la source proche du dossier, 81 plaintes avaient déjà été enregistrées au 9 juillet 2026, tandis que le nombre total de victimes pourrait avoisiner la centaine. Le préjudice est estimé à une dizaine de millions de FCFA, précise-t-elle.

 

« Donc jusqu'à présent vous ne savez pas que c'est de l'arnaque ? »

 

À l'audition du présumé faux démarcheur, plusieurs victimes ont raconté leur expérience. Une étudiante en droit affirme avoir envoyé 60 000 FCFA pour réserver une chambre à Gbèdjromèdé. Peu après le paiement, elle dit avoir reçu ce message : « Donc jusqu'à présent vous ne savez pas que c'est de l'arnaque ? Nous sommes déjà à la frontière Nigéria en train de rentrer. Dans quelques heures, on va enlever vos SIM et jeter. Donc si vous avez quelque chose à faire pour nous arrêter, commencez en même temps avant qu'on rentre au Nigéria. », nous a confié notre source.

 

Un couple d'une soixantaine d'années affirme, de son côté, avoir versé 75 000 FCFA comme avance pour l'achat d'accessoires de meubles. Après avoir réclamé un complément de 25 000 FCFA, le vendeur présumé serait devenu injoignable suite au refus du couple.

 

Selon la source proche du dossier, certaines victimes auraient également déclaré avoir reçu des menaces après avoir réclamé leur argent.

 

Interpellé à la suite des nombreuses plaintes, le mis en cause a été présenté au procureur spécial de la CRIET. Selon une victime interrogée par Banouto, il « a tout nié » au cours de son audition. Le mis en cause, poursuit la victime, « s'est même pris un avocat ».

 

À l'issue de sa présentation, il a été placé sous mandat de dépôt en attendant son procès fixé en octobre 2026.

 

 

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