Il n’y a pas eu de plaidoiries des avocats de la défense dans le dossier de Pierre Urbain Dangnivo, ce mercredi 22 juillet 2026, devant le tribunal de Cotonou comme programmé. Les conseils des prévenus se sont retirés de l’audience après des demandes "infructueuses". Ils ont introduit deux demandes sans lesquelles ils estiment qu’ils ne pas pouvoir faire des plaidoiries efficaces en faveur de leurs clients.
Les avocats de la défense ont réclamé l'original du procès verbal n°179 établie au commissariat de Godomey en août 2010 avant de plaider pour la défense de leurs clients Codjo Alofa, Donatien Amoussou. Ils ont aussi introduit une requête aux fins d'expertise graphologique et de datation, d'un procès verbal versé au dossier.
Selon Me Julien Aplogan, la première requête est adressée au président du tribunal et la deuxième demande, jugée "sensible et vitale", est adressée au procureur de la République.
Concernant l’original du procès verbal, Me Julien Togbadja soutient qu'il s'agit d'un « document sur lequel pèse beaucoup de soupçons sur les copies versées au dossier ». Me Théodore Zinflou explique que ce document devrait permettre de savoir la date du mandat de dépôt de Alofa.
Le ministère public a requis son "incapacité" de produire cette pièce aux avocats de la défense. Après quelques minutes de suspension, le président de céans a fait savoir aux avocats que le document réclamé n’est pas au dossier.
Mais les conseils ont insisté pour avoir le document avant de pouvoir plaider la cause de leurs clients. Me Julien Aplogan estime que le respect du droit de leurs clients repose sur l'original de ce procès verbal de la procédure judiciaire 179 du commissariat de Godomey Xlacodji. « Dans ces condition, les conseils ne peuvent pas plaider le dossier », a déclaré l’avocat devant la Cour.
Ce mercredi, la défense est revenue sur une requête d’expertise graphologique de certaines pièces du dossier. Pour Me Julien Aplogan, la moindre des choses, est de permettre à la défense de consulter ces originaux. « J'ai demandé qu'on fasse venir le dossier pour que nous consultions. Pas possible. Que voulez-vous que nous fassions ? Nous verrons », a-t-il laissé entendre au micro de l’envoyé spécial de Banouto.
« Nous sommes à un doigt de la plaidoirie. Un doigt. Un petit dossier. Un original d'une procédure à consulter. Nous verrons ce que le tribunal décidera. En tout cas, nous avons fait notre devoir », a fait remarquer le conseil.
Après le retrait des avocats, il y a eu une suspension. A la reprise, le tribunal a constaté leur absence dont il a pris acte et continué audience. Le procès s'est achevé avec le verdict dans lequel la Cour condamne Codjo Alofa à 30 ans de réclusion criminelle.
Avant ce mercredi, les avocats de la défense avaient menacé à plusieurs reprises de se retirer du dossier parce qu'ils estiment que le ministère public n'a pas mis à leur disposition toutes les pièces dont ils ont besoin pour bien défendre leurs clients. Après des moments tendus, la Cour a accédé à leur demande et a renvoyé le dossier afin de permettre à la défense de mieux se préparer pour ses plaidoiries.
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