Photo de famille des participants à l'atelier d’immersion pratique des acteurs judiciaires et de la société civile sur le genre et la coopération judiciaire, EFPJ le 20 août 2026
Traite des personnes, enlèvements à des fins d’exploitation sexuelle, trafic des migrants, mariage forcé, endoctrinement, coercitions ou exploitations par des groupes criminels ou terroristes. Ce sont quelques infractions dans lesquelles les victimes subissent aussi des violences basées sur le genre, selon des acteurs de la chaîne pénale béninoise.
Face à ces formes de criminalité, le Bénin veut renforcer les compétences et la coordination de ses acteurs judiciaires afin de mieux poursuivre les auteurs, rechercher les preuves et protéger les victimes, même lorsque les faits ou leurs protagonistes se trouvent hors du territoire national.
À cet effet, officiers de police judiciaire, avocats, magistrats, greffiers et acteurs de la société civile se sont réunis jeudi 20 et vendredi 21 août 2026 à l’École de formation des professions judiciaires (EFPJ) d’Abomey-Calavi pour discuter et faire des propositions pour renforcer la lutte contre les VBG. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’entraide judiciaire en matière pénale (BEPI), soutenu par Expertise France.
L’enjeu de l’atelier est de permettre aux participants de mieux maîtriser les mécanismes de coopération judiciaire, de partager leurs expériences et d’identifier les difficultés rencontrées dans la pratique.
Représentant le ministre de la Justice et de la Législation, le secrétaire général Seidou Boni Kpégounou a situé les enjeux de la rencontre. Il a fait remarquer que la justice ne peut être efficace sans coopération, lorsqu'une victime est déplacée au-delà des frontières béninoises, lorsqu'un auteur présumé se trouve à l’étranger ou lorsqu’une preuve nécessaire à l’enquête est localisée hors du territoire national.
«La frontière ne doit donc pas devenir un obstacle à la manifestation de la vérité et à la protection des victimes. C'est précisément tout l'intérêt de cet atelier d'immersion pratique», a expliqué le secrétaire général du ministère de la justice.
Pour lui, la justice ne doit en aucun cas « s'arrêter là où commence une frontière». Il a alors invité les participants à cet atelier à s’approprier davantage les mécanismes de coopération judiciaire, partager leurs expériences, identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et surtout rechercher ensemble des solutions opérationnelles.
« Aucun auteur de VBG n’échappera à la justice »
La même détermination est affichée par Innocentia Apovo Monteiro, directrice de la coopération et de l’entraide judiciaire sous tutelle du ministère de la Justice et de la Législation. « Plus aucun auteur de violences basées sur le genre n’échappera à la justice », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que les mécanismes existent et que les acteurs sont disposés à les déployer pour traquer les auteurs qui tenteraient d’échapper aux poursuites en changeant de pays.
Pour la directrice de la coopération et de l’entraide judiciaire sous tutelle du ministère de la Justice et de la Législation, cette exigence est d’autant plus importante que le Bénin s’ouvre davantage à l’international. Elle fait remarquer que des étrangers viennent de plus en plus au Bénin tandis que des Béninois partent travailler à l’étranger.
«Organiser cet atelier, c'est quelque part rassurer toutes ces personnes, toute la population béninoise, tous les étrangers qui viennent au Bénin. Et leur dire que le Bénin dispose d'un cadre légal qui les protège (...) et des mécanismes de coopération pourraient être mis en branle pour garantir leurs droits dès qu'ils sont sur notre territoire», a-t-elle étayé.
Protéger les victimes, au cœur de la coopération
Au-delà de la poursuite des auteurs, les responsables insistent sur la nécessité de placer les victimes au centre de la réponse judiciaire. Pour Seidou Boni Kpégounou, «derrière les notions de coopération judiciaire internationale, de traite judiciaire, d'extradition, de commission rogatoire, de transmission d'actes, de recherche de preuves ou d'échange d'information, il y a avant tout une réalité humaine». Celle d’une victime dont la dignité a été atteinte et qui attend non seulement que justice lui soit rendue mais aussi que l’on l’assiste et assure sa protection.
Cette approche implique une collaboration entre plusieurs catégories d’acteurs. Magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, greffiers, services sociaux et sanitaires, organisations de la société civile et autorités judiciaires et administratives des États partenaires sont appelés à travailler de manière coordonnée. C’est donc à juste titre que l’atelier réunit ces différents profils.
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