Valérie Mitokpe, psychopédagogue, coach en Programmation Neuro-Linguistique, et directrice d'école
Pleurs devant le portail, cris au moment de lâcher la main d'un parent, refus de descendre de la moto ou de la voiture : chaque rentrée scolaire, les mêmes scènes se répètent devant les écoles maternelles et les cours préparatoires. Pour la psychopédagogue et coach en programmation neuro-linguistique Valérie Mitokpe, directrice depuis une dizaine d'années d'un complexe scolaire, cette anxiété n'est pas une fatalité mais le résultat d'une préparation psychologique souvent négligée par les familles.
Selon Valérie Mitokpe, l'erreur de départ consiste à sous-estimer la capacité de compréhension des tout-petits. « L’enfant n’est pas un ignorant. Il est temps que les parents commencent par considérer les enfants depuis le berceau même et pouvoir leur causer », estime-t-elle.
La psychopédagogue juge nécessaire d’informer l’enfant à l’avance qu’il ira à l’école et qu’il y restera avec d’autres enfants pendant quelques heures, avant que ses parents ne viennent le chercher. Cette préparation psychologique doit permettre à l’enfant de mieux comprendre ce qui l’attend, soutient-elle.
Les pleurs observés chez certains enfants au moment de la rentrée ne doivent donc pas nécessairement être interprétés comme un signe que l’enfant refuse l’école. Le changement d’environnement et la séparation avec les parents peuvent susciter de l’anxiété.
Être rassuré, pas effrayé
Face aux pleurs ou à la peur de l’enfant, certains parents peuvent être tentés d'utiliser des paroles destinées à le contraindre à rester à l'école. Valérie Mitokpe déconseille cette approche.
Des phrases comme « si tu pleures, le maître va te punir » ou « si tu n'es pas sage, je te laisse à l'école » sont à proscrire, selon la spécialiste. Car dans l'esprit de l'enfant, poursuit-elle, ces paroles risquent d’associer l'école à une sanction plutôt qu'à un lieu d’apprentissage.
Une fois devant l'établissement, la manière de se séparer compte autant que la préparation en amont. «Le parent doit rester rassurant, faire des adieux clairs et éviter les séparations interminables. L’objectif est d’aider l’enfant à comprendre que Maman ou papa part, mais revient », explicite la psychopédagogue.
Pas de comparaison
La préparation psychologique de l'enfant ne concerne pas seulement sa première séparation. Elle se poursuit aussi dans la manière dont les parents l'accompagnent dans ses apprentissages.
Valérie Mitokpe met notamment en garde contre la comparaison, encore utilisée par certains parents comme moyen de motivation. « Regarde ton frère » ou « Ton camarade est meilleur que toi » sont des phrases qui peuvent produire l'effet inverse de celui escompté.
«C’est généralement contre-productif. La comparaison peut produire de la honte ou de la rivalité ou même de l’animosité plutôt qu’une véritable motivation», insiste Valérie Mitokpe.
Les premiers jours de classe de l’enfant doivent ainsi être préparés comme une nouvelle étape qu’il peut comprendre et apprivoiser. Lui parler, lui expliquer ce qui va se passer et éviter les menaces ou les comparaisons permettent de créer un environnement plus rassurant.
Pour les parents, le défi n'est donc pas seulement de conduire l'enfant à l'école. Il consiste aussi à l'aider à intégrer que la séparation est temporaire. Une fois ce repère installé, la confiance de l'enfant envers l'environnement scolaire et envers ses parents s'en trouve renforcée, ce qui facilite les rentrées suivantes.
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