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My Afro Origins : 53 Afro-descendants deviennent citoyens béninois

My Afro Origins : 53 Afro-descendants deviennent citoyens béninois

Ils viennent d’Haïti, de Martinique, de Guadeloupe, du Brésil ou d’autres horizons. Samedi 24 octobre 2026, à Cotonou, 53 Afro-descendants ont reçu leurs documents officiels de nationalité béninoise, avec l’espoir de renouer avec leurs racines et de construire de nouveaux projets dans leur pays d’origine.

Ils viennent d’Haïti, de Martinique, de Guadeloupe, du Brésil ou d’autres horizons. Samedi 24 octobre 2026, à Cotonou, 53 Afro-descendants ont reçu leurs documents officiels de nationalité béninoise, avec l’espoir de renouer avec leurs racines et de construire de nouveaux projets dans leur pays d’origine.

Photo de famille des afrodescendats avec les autorités après la remise des documents officiels de nationalité, ce samedi 24 octobre 2026 à Cotonou

Photo de famille des afrodescendats avec les autorités après la remise des documents officiels de nationalité, ce samedi 24 octobre 2026 à Cotonou

Pour eux, ce document est bien plus qu’un papier administratif. C’est une identité retrouvée, un lien renoué avec l’Afrique et, pour certains, le début d’un nouveau projet de vie. Au Complexe judiciaire de Cotonou, 53 Afro-descendants ont officiellement acquis la nationalité béninoise, samedi 24 octobre 2026, dans le cadre du programme My Afro Origins, qui permet d’effectuer en ligne les démarches de demande de nationalité.

 

La cérémonie s’est déroulée en présence de Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, et de Jocelyn Flenon, directeur de cabinet du ministère des Affaires étrangères chargé de l’intégration des Afro-descendants. Marie Rose Sossa, conseillère technique chargée de cette intégration, y a également pris part.

 

Cette remise s’inscrit dans la continuité des cérémonies organisées depuis le début de l’année. La dernière s'est déroulé le 29 août dernier avec dix Afro-descendants qui avaient été honorés au Complexe judiciaire, en présence du garde des Sceaux, Yvon Detchenou.

 

« Mon âme est en paix »

 

Derrière ces chiffres, il y a des histoires familiales, des parcours de vie et des émotions parfois difficiles à contenir. Originaire d’Haïti et installée en France, Judith Anglade a fait le déplacement avec le souvenir de son père adoptif, Gilles Nago, qui lui a fait découvrir le Bénin. Pour elle, cette nationalité représente aussi une manière de lui rendre hommage.

 

« Aujourd’hui, c’était vraiment un honneur aussi pour lui et pour pouvoir représenter Haïti », confie-t-elle. Sa première rencontre avec l’Afrique, en 2019, a été déterminante. « Pour moi, c’est comme si j’étais chez moi. On ressent une fierté, on ressent comme une terre qu’on n’a jamais quittée. » Déjà engagée dans des investissements au Bénin, elle envisage désormais de s’y installer durablement. « Aujourd’hui officiellement je suis béninoise et je pense finir mes jours au Bénin », affirme-t-elle.

Vue des atorités ayant pris part à la remise de documents officiels de nationalité à des Afro-descendants, ce samedi 24 octobre 2026 à Cotonou

Jean-Luc Vigne, dont la famille est originaire de la Martinique, a grandi en France métropolitaine avant de s’installer en Allemagne. Il a découvert le dispositif en août 2025 et déposé sa demande dans la foulée. Après une première attestation d’éligibilité reçue en avril 2026, il a obtenu en septembre la confirmation lui permettant de finaliser les démarches.

 

À 55 ans, cette reconnaissance prend pour lui une dimension intime. « Mon âme est en paix déjà pour commencer », dit-il, encore ému par la cérémonie et l’accueil reçu depuis son arrivée au Bénin. Il entend consacrer une partie de son énergie à son nouveau pays et envisage de s’y installer dans les prochaines années.

 

Des projets au-delà des papiers

 

Pour d’autres bénéficiaires, l’acquisition de la nationalité ouvre aussi des perspectives économiques et culturelles. Originaire d’Haïti et élevé en Guadeloupe, Joël Diomr évoque ses projets d’investissement et son souhait de créer des activités capables de faire travailler des Béninois. Christian Chery, venu de Martinique, veut lui aussi s’installer, travailler et mettre son savoir-faire au service du pays.

 

Franco-brésilien, Grégoire Chikhaoui voit dans cette démarche une occasion de rapprocher le Bénin et le Brésil, où vit une importante diaspora africaine. Il évoque notamment la possibilité de développer des projets culturels et de renforcer les relations entre les deux pays. « J’ai vraiment l’impression de revenir à la maison », explique-t-il.

 

Pour Béatrice Toni, franco-béninoise, la nationalité reçue fait écho à l’histoire de ses ancêtres et à ce qu’elle a appris sur la traite négrière et l’esclavage. Après avoir visité Ouidah et d’autres lieux de mémoire, elle décrit le document comme un « sésame » et remercie le pays pour son accueil. Elle compte également encourager d’autres membres de sa famille à entreprendre les mêmes démarches.

 

Faciliter le retour et l’installation

 

Le dispositif ne se limite pas à l’obtention de la nationalité. Il vise aussi à accompagner les bénéficiaires dans leurs projets d’installation. Laurent Gangbès, coordonnateur du guichet unique dédié, explique que cette structure centralise les démarches nécessaires, notamment pour la naturalisation et l’obtention du passeport. L’objectif, précise-t-il, est de faciliter le parcours des Afro-descendants, de favoriser leur intégration et de leur permettre, s’ils le souhaitent, d’investir et de construire leur vie au Bénin.

 

Pour ces 53 nouveaux citoyens, la cérémonie marque une étape officielle, mais aussi personnelle. Entre mémoire familiale, sentiment d’appartenance et projets d’avenir, le retour aux racines prend désormais une forme concrète : celle d’un lien avec le Bénin qu’ils pourront faire vivre au-delà du passeport.

 

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