
Les partenaires sociaux ont rencontré le Président de la République vendredi 16 octobre 2020. Au cours de la séance, il est apparu que beaucoup d’efforts ont été faits. Qu’en est-il exactement ?
Merci pour l’opportunité que vous nous donnez de revenir sur le point de la rencontre entre les partenaires sociaux et le Président de la République. Beaucoup de choses ont été faites concernant les dettes de l’Etat vis-à-vis des travailleurs, que ce soit les travailleurs actifs ou les pensionnés de l’Etat. L’idée des échanges que le Chef de l’Etat a eus avec les Centrales syndicales est d’expliquer tous les efforts faits par l’ensemble des citoyens (paiement d’impôts) pour permettre de satisfaire les droits et les dettes que l’Etat a vis-à-vis des travailleurs.
On a fait le point de la situation des dettes en 2016. Lors de la visite de madame Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) en 2017 à Cotonou, on a exposé un rapport qui présentait l’ensemble des dettes de l’Etat vis-à-vis des différentes catégories de la population, notamment les travailleurs. Ce rapport présentait pour les travailleurs au titre des rappels sur salaires un montant de 93,8 milliards.
Ce montant correspond au non-paiement de l’effet des glissements catégoriels du fait de la lourdeur administrative qui caractérisait la prise des actes de carrière. Le glissement catégoriel peut provenir de deux choses : l’avancement mécanique ou les échelons que l’on acquiert tous les deux ans ainsi que les reclassements mais aussi la progression des salaires liée aux promotions pour lesquelles, l’arbitrage ou l’intervention du supérieur hiérarchique est sollicité.
Je rappelle qu’au titre des rappels sur salaires, jusqu’à notre arrivée, le fait qu’il fallait, pour les travailleurs, se déplacer à la Fonction publique, faire plusieurs formalités administratives pour que les augmentations de salaire soient actées, tous ces dispositifs administratifs lourds et longs justifient en partie ses dettes qui ont été accumulées depuis des dizaines d’années.
Les instructions que le Chef de l’Etat a données dès notre arrivée, c’est de réfléchir et mettre en place un mécanisme afin que ces dettes ne s’accumulent plus. Depuis notre arrivée, nous avons mis en place un dispositif où les échelons des travailleurs sont constatés de façon mécanique et automatique dans les deux bases qui gèrent la carrière et la paie... Cette réforme est effective et est entrée progressivement en vigueur depuis 2017 et permet de faire le constat, automatiquement, de l’effet des avancements en dehors des cas spécifiques qui pourraient nécessiter par exemple, le recours à un décret d’application. Cela dit, depuis avril 2016, on a des anciens actes qui étaient en cours de traitement et qui sont venus en fin de processus (l’étape de prise en charge par le Trésor Public).
L’exemple typique c’est un enseignant qui a bénéficié en 2014 d’un avancement pour lequel les actes étaient en cours de traitement quand nous sommes arrivés et c’est en 2018 que le processus est achevé. Et donc en 2018, on a pu calculer ses droits liés à un avancement qui aurait dû être constaté en 2014. Je donne cet exemple pour montrer que nous avons d’une part les dettes qui étaient constatées, auditées et revues au 6 avril 2016, qui étaient de 93,8 milliards mais au-delà de ça, il y a des droits acquis pour les travailleurs pour lesquels, les processus administratifs qui sont généralement très longs se sont poursuivis et se sont finalisés après avril 2016 et qui ont généré des droits complémentaires à payer.
Ces droits, quand bien même ils ont été comptabilisés en dettes vis-à-vis des travailleurs après avril 2016, concernent pour l’essentiel, des droits acquis sur les périodes antérieures. C’est ça qui fait que le Chef de l’Etat, quand nous lui avons fait le point de la situation, nous a instruit de trouver par tous les moyens les ressources nécessaires, pour mettre à zéro l’ensemble de ces dettes. Il ne souhaite pas qu’il y ait une seule dette vis-à-vis des travailleurs. C’est en exécution de ces instructions que le point a été également fait pour l’ensemble de ces rappels de salaire qui sont en attente depuis et qui sont venus se rajouter aux 93,8 milliards et qui s’élèvent à 15,6 milliards, pour le complément des dettes qui ont été finalisées depuis 2016, mais qui concernent, pour l’essentiel, des droits acquis sur les périodes avant 2016. L’annonce du paiement a été faite aux travailleurs.
A partir de 2016, je vous ai parlé de l’annonce de la réforme importante qui permet aux travailleurs de ne plus faire des tracasseries administratives pour avoir le constat de ces avancements (conséquence positive de l’interconnexion des deux bases). Je veux aussi préciser ce que le Chef de l’Etat a dit : « Nous allons faire des efforts constamment mois après mois pour baisser le stock de dette ». Sur la période d’avril 2016 à ce jour, nous avons pu liquider déjà 53 milliards sur les 93,8 milliards de dettes qui étaient dans les comptes au 6 avril 2016.
Ce qui fait qu’au titre des dettes finalisées et qui étaient en instance dans les comptes de la comptabilité publique au 6 avril 2016, on avait 93,8 milliards, nous avons sur les quatre ans et demi, fait des efforts pour liquider 53 milliards et il en reste 40,8 milliards.
Tous les mois, une provision d’1milliard est faite pour solder les anciennes dettes. Parallèlement, les économies dégagées de l’assainissement des bases de données, du fait de leur interconnexion mais également des mesures telles que la bancarisation systématique des salaires et des primes périodiques des agents civils et militaires permettent de couvrir majoritairement les glissements catégoriels courants.
Le Chef de l’Etat insiste pour que les marges de manœuvre qui sont dégagées soient consacrées au règlement des dettes des travailleurs à chaque fois le gouvernement en trouve. Les services du Ministère de l’Economie et des Finances sont à pied d’œuvre, ils vont travailler tout ce weekend pour s’assurer que sur les paies du mois d’octobre, qui étaient préparées soient disponibles dès la semaine prochaine, que chacun constate sur sa fiche de paie, le paiement de ces rappels de salaire. Les rappels de salaire constituent la plus grande partie des dettes.
Lire Ici: Talon, Yayi et les arrières de salaire: Koutché analyse les chiffres et parle d’invention
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Tokounon
il y a 6 ansTchede
il y a 6 ansTchede
il y a 6 ans