POLITIQUE

Bénin: Patrice Talon visé par une plainte de parjure devant la Cour constitutionnelle

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Au Bénin, la Cour constitutionnelle a été saisie d’une demande de constat de parjure par le président de la République.

Le président béninois, Patrice Talon, a-t-il violé son serment ? C’est la question à laquelle la Cour constitutionnelle du Bénin doit répondre très prochainement. La haute juridiction en matière constitutionnelle a été saisie d’une requête dans ce sens. La requête émane de Eudes Houessou Aoulou, candidat recalé à la présidentielle d’avril 2021 remportée dès le premier tour par le président Patrice Talon, alors candidat à sa propre succession. En date à Calavi du 15 avril 2021, la requête a été enregistrée au secrétariat de la Cour constitutionnelle sous le numéro 0665/143/REC-21.

Dans sa requête, le candidat recalé demande à la Cour constitutionnelle de constater un « acte de parjure commis par le président de la République ». Il estime que le chef de l’Etat Patrice Talon a « violé » son serment. Cela, écrit-il, « en refusant d’user de son pouvoir constitutionnel pour faire organiser les élections législatives d’avril 2019 selon la constitution ». Car, rappelle Eudes Houessou Aoulou, seuls les partis de la mouvance présidentielle, notamment l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR) ont été autorisés à prendre part au scrutin.

Pour lui, ces élections sont contraires à la loi n°90-32 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin. Il juge que ces élections législatives « où une seule sensibilité est présente » ne « garantissent plus la démocratie pluraliste à laquelle le peuple a affirmé son attachement ».

« Au regard de cette défaillance, nous vous prions de constater le parjure du président de la République SEM Patrice Talon par la violation de son serment de ''défendre et de respecter la constitution que le peuple béninois s’est librement donné'' », demande-t-il aux sept sages. « Ce parjure est même aggravé par la promulgation de la révision de la constitution effectuée selon une procédure d’urgence et sans un consensus national, principe à valeur constitutionnelle », juge Eudes Houessou Aoulou.

La requête du candidat recalé à la présidentielle 2021 devrait être examinée mardi 8 juin 2021 lors d'une audience de la deuxième chambre de mise en état de la haute juridiction. Mais selon les informations de Banouto, l'audience a été reportée à une date ultérieure.

  

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