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Mohamed Bazoum: le Mali condamne ses propos critiques sur les coups d’Etats militaires successifs

Mohamed Bazoum: le Mali condamne ses propos critiques sur les coups d’Etats militaires successifs

Le gouvernement malien a réagi aux propos critiques du président nigérien sur les coups d’Etat militaires répétés enregistrés dans le pays ces dernières années.

Le gouvernement malien a réagi aux propos critiques du président nigérien sur les coups d’Etat militaires répétés enregistrés dans le pays ces dernières années.

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Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères

 

Du berger à la bergère. Après les propos critiques de Mohamed Bazoum en France sur les coups d’Etats répétitifs au Mali, la réaction du gouvernement malien ne s’est pas faite attendre. Le président nigérien a critiqué les récents putschs au Mali (2012, 2020 et coup de force 2021), le vendredi 9 juillet 2021 lors d’une conférence conjointe avec le président Emmanuel Macron après le sommet virtuel du G5 Sahel.

« Il ne faut pas permettre que les militaires prennent le pouvoir parce qu'ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que les colonels deviennent des ministres ou des chefs d'État », a critiqué Mohamed Bazoum. Selon lui, comme ailleurs dans le monde, ces militaires qui ont fait deux putschs successifs au Mali sont plutôt attendus au front, sur les champs de bataille. « Qui va faire la guerre à leur place ?», s'interroge-t-il. «Ce serait facile si chaque fois qu'une armée de nos pays a un échec sur le terrain, elle vient prendre le pouvoir ! C'est ce qui s'est passé par deux fois au Mali: en 2012, les militaires avaient échoués, ils sont venu faire un coup d'Etat. Cette année encore en 2020, ils ont fait la même chose », a frappelé le président nigérien à Paris. Pour lui, « ce ne sont pas des choses acceptables ».

Ce même vendredi, Bamako s'est prononcé sur ces propos. A cet effet, l'Ambassadeur du Niger, Mamoudou Moumouni a été reçu par  Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères. Dans un communiqué publié sur Twitter, le ministre Diop a fustigé ces propos tenus par Mohamed Bazoum devant son homologue français. Selon le communiqué, le ministre malien des affaires étrangères a levé « une vive protestation » auprès du gouvernement nigérien contre ces propos. Le Niger et le Mali, souligne le document, confrontés aux défis de continentalité, de la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme auxquels s’ajoute désormais la crise sanitaire du Covid-19, « devraient plutôt unir leurs efforts et renforcer leur solidarité dans l’intérêts de leurs peuples ».

En août 2020, le régime du président Ibrahim Boubacar Kéïta a été renversé par les militaires. Il aura fallu l’intervention de la communauté internationale et surtout les sanctions économiques de Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour que les putschistes passent le pouvoir à un gouvernement de transition, installé après des consultations nationales.

Coup de théâtre, en en mai 2021, Assimi Goïta, chef de la junte responsable du coup d’Etat d’août 2020 et vice-président de la transition prend le pouvoir de force et met fin aux prérogatives du président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane. Une fois encore la CEDEAO et la communauté internationale ont condamné ce nouveau « Coup de force » des militaires au Mali. Malgré les divers appels et sanctions, le Colonel putschiste a été investi président du Mali le 7 juin 2021.