Des billets de dollars américains, Photo d'illustration
La Banque africaine de développement (BAD) tire la sonnette d’alarme. Elle alerte sur une baisse du financement étranger total à l’Afrique d'ici fin 2025. Selon les prévisions, cette baisse pourrait atteindre jusqu'à 39,84 milliards de dollars. Cette diminution des flux financiers est principalement attribuée aux réductions de l’aide publique au développement (APD) des 17 principaux pays donateurs, notamment les États-Unis et l'Allemagne.
C'est ce qui ressort du rapport "Perspectives économiques en Afrique 2025" de la Banque africaine de développement (BAD) publié le 27 mai 2025.
Entre 2021 et 2023, les pays africains ont reçu environ 18 % du total des flux d'aide de ces 17 pays donateurs. Si cette tendance se maintient en 2025, l'Afrique connaîtra une baisse de 12 % de l'aide des principaux donateurs du Comité d’aide au développement (CAD) par rapport à 2023, ce qui équivaut à une baisse de 7 % des apports d'aide totaux, soit 4,2 milliards de dollars, en supposant que les contributions des autres donateurs restent stables.
Pour mettre cette baisse en perspective, la réduction projetée dépasse le PIB combiné des Comores, de la Guinée-Bissau et de São Tomé-et-Principe en 2023, soulignant la gravité du déficit financier attendu.
Conséquences pour les pays africains à faible revenu
La baisse de l’aide accroît le risque de graves contraintes de financement pour de nombreux pays africains à faible revenu, qui dépendent fortement de l’aide financière extérieure pour soutenir leurs budgets nationaux.
Le rapport de la BAD souligne que l’aide publique au développement joue un rôle essentiel dans le maintien de ces économies, et que les réductions de l’aide auront probablement des effets disproportionnés sur les pays où l’aide étrangère représente une part importante du financement budgétaire.
Bien que les transferts de fonds restent la source la plus stable de flux financiers externes pour l’Afrique, les récents changements économiques mondiaux ont remodelé la manière dont ces fonds sont transférés.
En 2023, les flux de transferts de fonds vers l’Afrique se sont contractés de 6,2 %, passant à 91,1 milliards de dollars, contre 97,1 milliards de dollars en 2022. Ce renversement de tendance fait suite à une augmentation de deux ans suite à la pandémie de Covid-19, reflétant probablement des effets de valorisation plutôt qu’une réduction fondamentale des flux de transferts de fonds.
Le rapport souligne que le renforcement du dollar américain a réduit la valeur en dollars des transferts en provenance des pays d’origine, amplifiant ainsi le déclin général.
Les transferts de fonds sont plus stables que les autres flux financiers externes, mais leur évolution suit souvent le cycle économique : ils augmentent en période de crise et diminuent quand l’économie va bien.
Leur niveau dépend aussi de facteurs comme les coûts d’envoi ou l’ouverture des pays bénéficiaires. Bien utilisés, ces fonds peuvent jouer un rôle clé pour soutenir la consommation en période difficile et financer le développement économique de l’Afrique.
0 commentaire
0 commentaire