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Formation et emploi des jeunes au Bénin : des experts appellent à un meilleur alignement avec les besoins de l’économie

Formation et emploi des jeunes au Bénin : des experts appellent à un meilleur alignement avec les besoins de l’économie

La question de l’adéquation entre formation et emploi a dominé les échanges tenus vendredi 24 avril 2026 lors d’une conférence organisée à l’École polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC). Les panélistes ont insisté sur la nécessité de mieux préparer les jeunes aux réalités du marché du travail, dans un contexte marqué par une demande croissante en compétences techniques.

La question de l’adéquation entre formation et emploi a dominé les échanges tenus vendredi 24 avril 2026 lors d’une conférence organisée à l’École polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC). Les panélistes ont insisté sur la nécessité de mieux préparer les jeunes aux réalités du marché du travail, dans un contexte marqué par une demande croissante en compétences techniques.

Bertin Nahum, Victorien Dougnon, Thierry d'Almeida, Lionel Zinsou et Laurent Gangbès (g à d), lors d'une conférence à l'EPAC, le 24 avril 2025

Bertin Nahum, Victorien Dougnon, Thierry d'Almeida, Lionel Zinsou et Laurent Gangbès (g à d), lors d'une conférence à l'EPAC, le 24 avril 2025

Au Bénin, certaines entreprises peinent encore à trouver des profils techniques adaptés à leurs besoins. Le directeur général de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), Laurent Gangbès, l’a fait savoir lors d’une conférence, vendredi 24 avril 2026, à l’École polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC).

 

« Nous, nous rencontrons au quotidien des entreprises qui sont déjà installées, (…) qui nous disent, Monsieur Gangbès, je cherche par exemple à trouver des énergéticiens », confie le DG de l’ADPME lors du panel axé sur le thème “Talents Made in Bénin : une force économique nationale”.

 

Laurent Gangbès poursuit en évoquant d’autres besoins exprimés par ces entreprises. « Monsieur Gangbès, je cherche à recruter des techniciens en maintenance pour toutes les machines, tous les robots qui sont en train d’être installés dans la zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ) (…) Et lorsqu’on regarde notre environnement, on regarde les écoles qui forment, on regarde les compétences qu’il peut y avoir dans ce pays, on n’en trouve pas », explique-t-il.

 

Selon lui, cette situation révèle un paradoxe. D’un côté, le pays dispose d’une jeunesse nombreuse et formée. De l’autre, les compétences disponibles ne correspondent pas toujours aux exigences des secteurs industriels en développement.

 

« Nous sommes obligés de demander à ces entreprises d’aller chercher ces talents ailleurs. Alors même que nous avons la jeunesse, nous avons la force, nous avons des écoles qui sont ici », regrette-t-il.

 

Des formations jugées encore trop théoriques

 

Le déficit de profils techniques dans certains domaines a également été analysé sous l’angle du système éducatif. Pour Thierry d’Almeida, directeur général de Sèmè City Institute of Technology and Innovation, le défi réside dans la capacité des apprenants à s’approprier réellement leurs connaissances.

 

« Connaissant un petit peu notre système éducatif, j’ai l’impression que nous sommes capables d’apprendre énormément de choses, mais nous les gardons uniquement dans un registre livresque », indique-t-il.

 

C’est-à-dire, explicite-t-il, « qu’on a ici des gens qui passent des diplômes, qui sont excellents, qui sont très bons, mais qui n’arrivent pas, en fait, à l’appropriation de tout ce qu’ils apprennent ».

 

Recommandation d’une pédagogie plus ouverte à l’innovation

 

Il plaide alors pour qu’un effort soit fait du côté des enseignants « pour permettre l’innovation, accroître l’appropriation de ce que nous apprenons, s’autoriser à faire des erreurs et sortir des sentiers battus ».

 

Pour Victorien Dougnon, directeur général de l’EPAC, il ne s’agit plus seulement de former des techniciens, mais des jeunes capables d’agir sur leur environnement.

 

« On ne peut plus continuer à former nos apprenants de manière à attendre que le Bénin fasse quelque chose », a-t-il affirmé.

 

Dans cette logique, les compétences techniques doivent s’accompagner de capacités d’adaptation et d’initiative.

 

« On devrait pouvoir davantage les former à créer eux-mêmes le Bénin qu’ils espèrent », a-t-il ajouté, évoquant la nécessité de changer de paradigme dans la formation.

 

Cette orientation est partagée par d’autres intervenants qui estiment que la formation doit désormais intégrer des compétences pratiques et professionnelles plus larges, afin de réduire l’écart entre les diplômés et les besoins du marché.

 

 

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