Une affaire d'arnaque au nom de l’ex-première dame Claudine Talon jugée à la CRIET. Lundi 2 novembre 2026, un jeune homme, la trentaine, a comparu devant le juge dans une affaire d’escroquerie en ligne. L’accusation a été exposée par la victime, une septuagénaire handicapée par la maladie.
N’ayant pas la capacité de rester debout pour s’expliquer devant le juge, elle a dû s’asseoir sur le banc des avocats. Selon elle, tout a commencé par une prise de contact sur Facebook, avec un compte au nom de l’ex-première dame Claudine Talon.
Surprise, elle dit avoir informé son mari de l’invitation de la supposée ex-première dame. Après mûre réflexion avec lui, elle a fini par accepter la demande. C’est le début d’une longue conversation.
Un supposé soutien
Après la confirmation de l’invitation, raconte la victime, le présumé arnaqueur, derrière le faux compte au nom de Claudine Talon, a envoyé un premier message. « Honorée par ce contact », la septuagénaire dit avoir répondu aussitôt au message. Se croyant en conversation avec l'ex-première dame, elle affirme y avoir mis tous les mots d’affection et de remerciement pour tout ce qu’elle fait.
Le bourreau a trouvé une faille. Le propriétaire du faux compte a proposé à la victime de lui exposer ses besoins, affirmant qu’il pourrait l’aider. La victime a parlé de sa maladie qu’elle traîne depuis 21 ans. Le prévenu a trouvé la faiblesse de la victime.
Il lui a proposé une aide de 500 000 FCFA. Pour recevoir la somme, la victime devait se faire ouvrir un compte dans une banque de la place. Le présumé arnaqueur lui a ensuite demandé de contacter un supposé directeur financier de la Fondation Claudine Talon, pour enclencher la procédure d’obtention de l’aide.
C’est à partir de ce moment que les demandes d’argent ont commencé. « Le directeur financier m’a dit de payer 5 600 FCFA pour les frais d’ouverture de compte. Après, il a commencé à demander d’envoyer des cautions. Tantôt 18 000 FCFA, tantôt 20 000 FCFA », a affirmé la victime.
Dans la foulée, a déclaré la septuagénaire, le faux directeur financier a annoncé l’augmentation de la cagnotte de 500 000 à 800 000 FCFA, puis à deux millions de FCFA. « Il m’a dit que c’est désormais 5 millions que je vais prendre », a affirmé la victime. Fatiguée de payer des "cautions" à en point finir sans jamais recevoir la somme promise, elle a cherché à voir clair dans l’affaire.
Elle dit avoir demandé à rencontrer Claudine Talon en personne. Un rendez-vous lui a été fixé de nuit. La victime dit avoir refusé cette proposition. « Je suis malade et je ne peux pas sortir la nuit », aurait-elle répondu au supposé directeur financier. Elle précise que les échanges ont eu lieu avec le supposé directeur financier sur WhatsApp et avec la supposée « Claudine Talon » sur Messenger.
La supercherie démasquée
Ne comprenant plus rien à la situation, la victime a contacté un numéro de la Fondation Claudine Talon pour vérifier l’identité de son interlocuteur. Elle dit avoir reçu pour réponse qu’aucune personne ne porte ce nom au sein de la fondation. « C’est la fondation qui m’a confirmé que c’est de l’arnaque. Un de leurs agents m’a aidée à porter plainte contre les arnaqueurs », a souligné la victime.
Après sa plainte auprès du Centre national d’investigation numérique (CNIN), le propriétaire du faux compte Claudine Talon a été arrêté et placé sous mandat de dépôt.
Devant le juge, la victime a déclaré qu’elle ne connaît pas le prévenu et ne l’a jamais croisé. En larmes, la septuagénaire a réclamé 910 000 FCFA, somme totale que le prévenu lui aurait soutirée.
Réquisitions du ministère public
À la barre, le prévenu a reconnu les faits d’escroquerie via internet dont les traces ont été retrouvés dans son téléphone. Il a, cependant, rejeté les accusations de la septuagénaire. Pour sa défense, le jeune homme a fait savoir que le téléphone n’était pas sa propriété. Il dit l’avoir retrouvé sur la voie à Lokossa.
Le ministère public de la CRIET a présenté ses réquisitions contre lui dans le dossier. Le premier substitut du procureur spécial a proposé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la prévention et de le condamner à cinq ans de prison et à un million de FCFA de dommages et intérêts au profit de la victime.
Deux autres victimes du dossier n’ont pas fait le déplacement de la CRIET ce lundi 2 novembre 2026. Le ministère public a demandé à la Cour de leur réserver les intérêts civils.
Le délibéré du dossier est attendu le 21 décembre 2026.
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