interviews

Tourisme : « La Porte du Non-Retour est à Ouidah, mais la diaspora rentre par Accra »

Tourisme : « La Porte du Non-Retour est à Ouidah, mais la diaspora rentre par Accra »

Avec son passé lié à la traite négrière, le Bénin ambitionne de devenir une destination mémorielle phare. Malgré les investissements dans ce sens, le Ghana garde une longueur d'avance auprès de la diaspora. Oluwafèmi Kochoni, fondateur de Heritage and Routes et spécialiste des opérations touristiques et de croisière, livre son diagnostic sans détour sur les leviers à activer pour inverser la tendance.

Avec son passé lié à la traite négrière, le Bénin ambitionne de devenir une destination mémorielle phare. Malgré les investissements dans ce sens, le Ghana garde une longueur d'avance auprès de la diaspora. Oluwafèmi Kochoni, fondateur de Heritage and Routes et spécialiste des opérations touristiques et de croisière, livre son diagnostic sans détour sur les leviers à activer pour inverser la tendance.

Oluwafèmi Kochoni, fondateur de Heritage and Routes et spécialiste des opérations touristiques et de croisière

Oluwafèmi Kochoni, fondateur de Heritage and Routes et spécialiste des opérations touristiques et de croisière

Samedi, après-midi. A Fidjrossè, quartier du 12e arrondissement de Cotonou, les derniers rayons du soleil se dissipent dans le ciel et l’intensité de la lumière du jour baisse à pas de chameau. Le vent marin provenant de l’Océan Atlantique dans laquelle la capitale économique du Bénin mouille ses pieds procure une sensation agréable au visage en cette fin de journée de chaleur intense.

 

A la terrasse de sa résidence nichée dans un immeuble à plusieurs niveaux, Oluwafèmi Kochoni profite tranquillement de son week-end libre en attendant l’arrivée très prochaine d’un groupe de touristes. Quand ses hôtes atterriront, ses journées ne sont plus identiques à celle d’aujourd’hui.

 

S’assurer que chacun des touristes passe un séjour agréable et satisfaire la curiosité de chaque membre du groupe ainsi que ses besoins, des plus pétits au plus grands seront ses obligations. Et cette mission, Fèmi, directeur de tour pour deux voyagistes américains en connait les exigences. « La propreté du bus, la qualité des repas, le lit dans les hôtels…Je suis le garant de tous les services qui leur sont offerts », confie-t-il.

 

Crâne entièrement rasé, barbe soigneusement coupée, Fèmi est très prolixe quand il parle de tourisme. Depuis quinze ans, le quarantenaire accompagne des touristes venus des États-Unis, du Brésil, des Caraïbes, d'Europe et d'Asie. Les routes des circuits touristiques au Ghana, au Togo, au Bénin et même en Côte d’Ivoire, il les a arpentés à d’innombrables reprises et a une connaissance pointue des enjeux du secteur du tourisme dans la sous-région ouest-africaine.

Lorsqu’il nous reçoit pour entretien, il indique d’entrée qu’il mettra l’accent sur le touriste afro-américain (États-Unis, toute l'Amérique anglophone, Caraïbes comprises). « Le voyageur qui s'adapte à tout est très agréable à accompagner, mais il ne change rien au pays. L'Afro-Américain, lui, oblige le pays à monter », justifie-t-il.

« Il vient pour une raison, laisse plus d'argent, et est très exigeant : eau chaude marche, bus climatisé avec des micros qui fonctionnent, guide compétent, restaurant avec des toilettes. Pour recevoir ce client-là, l'hôtel doit avoir un personnel bien formé, le restaurateur doit se mettre aux normes, le chauffeur doit être à l'heure », détaille-t-il, soulignant que cela permet à toute la chaine touristique de monter en gamme et de se professionnaliser. Entretien.  

 

Banouto: Vous recevez depuis quinze ans des voyageurs venus des États-Unis, du Brésil, des Caraïbes, d'Europe et d'Asie. Quand ils atterrissent à Cotonou, la plupart ont déjà fait le Ghana. Qu’est-ce qui explique cela ?

Oluwafèmi Kochoni: L’avion se pose à Accra. C'est cela, au départ. Un Américain qui veut venir ici a un vol direct New York–Accra, Washington–Accra. Pour Cotonou, il passe par Paris, Bruxelles, Addis, Istanbul, Lomé ou Abidjan, avec des heures d'escale. Les voyagistes avec qui je travaille font le circuit dans ce sens : on atterrit au Ghana, on descend la côte, le Bénin en dernier.

Il y a la langue aussi. Au Ghana ils sont chez eux, tout le monde leur parle anglais, le réceptionniste, le vendeur, le guide du fort. Ici au Bénin, sur la durée du séjour, c'est moi qui traduis tout. Je le fais volontiers, c'est mon métier. Mais ça veut dire que le Bénin, pour eux, passe par une seule personne.

Et surtout le Ghana s'est raconté. Obama à Cape Coast en 2009, la photo a fait le tour du monde. Le Year of Return en 2019, avec des acteurs, des chanteurs, tout ce qui compte à Atlanta et à Los Angeles sur les plages d'Accra. Un Afro-Américain de soixante ans a vu Cape Coast vingt fois à la télé. Ouidah, il ne l'a presque jamais vu. Souvent il ne sait pas le prononcer.

 

Vous avez mis l’accent sur les Américains mais ce ne sont pas les plus nombreux à voyager vers l’Afrique ?

 

On croit toujours que les Américains ne viennent pas en Afrique. Le Ghana, tout seul, reçoit de l'ordre de 138 000 Américains par an, qui paient en moyenne 3 000 dollars leur séjour, sans le billet d'avion, sans ce qu'ils achètent sur place. Faites le calcul : plus de 400 millions de dollars, plus de 200 milliards francs CFA par an.

Dans ces Américains, il y a la diaspora afro-américaine qui vient pour l'histoire. À elle seule, elle pèse 5 à 8 % des recettes touristiques du Ghana. Entre 110 et 190 milliards francs CFA. Pour un seul segment de voyageurs, qui ont fait dix heures d'avion pour venir chercher une histoire qui, en grande partie, s'est passée ici, à Ouidah. Le Vodun et la mémoire de l'esclavage y ont leur matrice. La Porte du Non-Retour est ici. Ce Vodun que leurs ancêtres ont emporté à Bahia, en Haïti ou à La Nouvelle-Orléans vit ici, dans nos couvents, pas dans une vitrine. Et ils sont à une frontière. Trois heures de route.

 

On voit à travers votre démonstration que le retour aux sources des Afro-Américains génère beaucoup de ressources. Mais combien le Bénin en tire actuellement ?

 

Je préfère le calculer que le deviner. Les voyagistes ghanéens vendent des circuits multi-pays de quatorze jours incluant le Togo et le Bénin, mais ils n'y consacrent que cinq sur leur parcours : deux pour le Togo, trois pour le Bénin. Résultat : le Ghana conserve plus de 90 % des retombées financières de la diaspora afro-américaine. Le Bénin, neuf francs sur cent, dans le meilleur des cas.

Je vais vous dire ce qu' une Américaine m'a dit dans le bus, le dernier jour, entre le Sofitel et l'aéroport : « Le Bénin, ce n'est pas comme tout ce qu'on a vu jusqu'ici. C'est différent ! On dirait que vous avez gardé le meilleur pour la fin. Le seul malheur, c'est qu'on n'y passe que trois jours. Ça aurait dû être l'inverse. » Elle a tout dit. Elle a compris en trois jours ce que nous, on n'a pas encore dit au monde.

Donc pourquoi eux d'abord ? Parce qu'ils se sont rendus trouvables, et parce que cette diaspora, quelqu'un est allé la chercher. Nous, on est encore la surprise de la fin du voyage. Pour émouvoir les gens, c'est une très bonne place. Pour en vivre, non.

 

Avant 2019, seulement 1% des voyageurs américains arrive en Afrique. Mais depuis, les chiffres ont explosé : plus de 60%. Comment expliquez-vous cela ?

Ce qui tire cette courbe, ce ne sont pas les safaris, c'est le retour aux sources : des Afro-Américains qui viennent voir d'où ils partent. Cela a démarré, comme vous l’indiquiez, en 2019, l'année où le Ghana a lancé le Year of Return, une politique d’Etat avec des ambassadeurs. Je ne dis pas que le Ghana a créé la vague tout seul, mais il était sur la plage quand elle est arrivée.

 

Vous estimez que le Ghana a compris quelque chose avant les autres. Qu’est-ce c’est ?

Ce qu'il avait compris, ce n'est pas le tourisme, c'est la date. 2019, c'était quatre cents ans après le premier bateau d'Africains réduits en esclavage arrivé en Virginie. Vous n'imaginez pas ce que cette date représentait de l'autre côté. Mes voyageurs afro-américains en parlaient dans le bus, ils avaient vu les émissions, lu les livres, certains avaient fait leur test ADN pour ça.

Toute l'Amérique noire regardait 1619. Et le Ghana a dit, cette année-là, par la voix de son président : rentrez à la maison. « Come home ». Deux mots. Le reste est venu après, les stars, les passeports remis en cérémonie, décembre à Accra qui est devenu un rendez-vous. Mais au départ il y a une phrase, et quelqu'un qui la prononce. Et ils ne l'ont pas prononcée chez eux. Ils sont allés la dire à Atlanta, dans les églises, dans les universités noires, en anglais, avec des gens que ces communautés connaissaient déjà.

Puis, et c'est ce qu'on oublie, ils ont continué. Le Year of Return est devenu Beyond the Return, dix ans, jusqu'en 2030. Ce n'est pas parfait, je le sais, il y a eu des prix qui ont doublé en décembre, des gens déçus, des promesses en trop. Mais aujourd'hui, un Afro-Américain qui veut rentrer sait où est la porte.

 

Est-ce que vous insinuez que le Bénin n’a rien fait dans ce sens ? 

Ce serait trop facile de dire qu'on n'a rien fait, et ce serait faux. Le 10 janvier fête nationale du Vodun, c'est nous, avant tout le monde. La loi de 2024 qui donne la nationalité béninoise aux descendants d'Africains déportés, c'est nous aussi, et franchement c'est plus fort que ce que le Ghana a fait. Donc sur le papier, le Bénin a compris. Peut-être même mieux.

Ce qui manque, c'est la voix. Quelqu'un qui aille à Atlanta, Alabama, Jackson, Baton Rouge dire cette phrase. Une porte à laquelle on frappe. Et un rendez-vous qui revient chaque année, comme décembre à Accra.

 

Au-delà de la voix, n’est-ce pas aussi en termes d’infrastructures que le Ghana ravit la vedette au Bénin. Le Ghana a Cape Coast et Elmina, des forteresses du XVIIe siècle classées à l'UNESCO, alorsque Ouidah a une porte en béton ?

Vous avez raison, et je vais même vous aider. Elmina, c'est 1482. Des murs de cinq mètres, des cachots où on sent encore aujourd'hui l'odeur. Cape Coast, pareil. Quand les voyageurs en sortent, ils ne parlent plus. Et notre Porte du Non-Retour, c'est un monument de 1995, en béton, sur une plage. Si on compare mur contre mur, le Ghana gagne. Je ne vais pas discuter ça.

Et j’irai plus loin. Chez nous, sur la Route des Esclaves, l'arbre de l'Oubli n'existe plus. La case Zomaï est en reconstruction. Le mémorial de Zoungbodji n'a pas rouvert depuis deux ans. Il y a des voyageurs qui arrivent avec un livre sous le bras et qui cherchent des choses qui ne sont plus là ou inaccessibles. Ça, c'est un problème.

Mais si les murs suffisaient, le Sénégal aurait gagné depuis longtemps avec Gorée. Ce n'est pas Gorée que cette diaspora va voir. Ce qu'ils cherchent, ce n'est pas un bâtiment, c'est quelque chose qui leur appartient. Et là, on a ce que le Ghana n'a pas.

À Cape Coast, on vous montre d'où ils sont partis. À Ouidah, on vous montre ce qu'ils ont emporté : le Vodun. Un Haïtien qui entend un chant dans une cour de Ouidah, il le connaît. Une Brésilienne de Bahia qui voit un autel dans la forêt de Kpassè, elle l'a chez sa grand-mère. Ça, aucun fort ne le donne. Un fort, c'est une blessure. Ici, c'est la blessure et ce qui a survécu.

Et puis il y a le retour. Porto-Novo, Ouidah, c'est plein de familles qui sont revenues de Bahia au XIXe siècle, les Agudas, les de Souza, les Paraíso, avec leurs maisons, leur cuisine, leur mosquée bâtie comme une église brésilienne. Le Ghana raconte l'aller. Nous au Bénin, on peut raconter l'aller et le retour. C'est une histoire que personne d'autre sur cette côte ne peut raconter en entier.

Donc non, ce n'est pas une question de lieux. C'est nous qui n'avons pas encore raconté les nôtres.

 

Parlez-nous des questions que les touristes vous posent, avant d'arriver à Ouidah ? Racontez-nous une personne.

Ils ne posent pas la même question, et c'est ça qui est intéressant.

L'Afro-Américain arrive avec son test ADN. Il a le papier, souvent sur son téléphone, et le papier dit Yoruba, Ewe, Igbo, les trois à la fois. Et dans le bus, il me demande : « Lequel des trois pratique le plus le Vodun ? Parce que moi, je suis les trois. » Il veut savoir de quel côté il doit regarder.

Je lui réponds que le mot Vodun, c'est le mot des Fon et des Ewe, donc de cette côte-ci ; que les Yoruba, eux, disent orisha, et que c'est la même famille, à Kétou, à Porto-Novo, on est chez eux aussi ; et que pour l'Igbo, il faudra aller un peu plus à l'est. Et je lui dis surtout : vous êtes tombé au bon endroit, parce qu'ici, les trois se sont rencontrés.

Il vient chercher une case à cocher. Il repart avec trois.

 

Quid de la Brésilienne ?

La Brésilienne de Bahia, elle ne cherche pas, elle compare. Elle a grandi avec le candomblé, avec les orixás, avec des mots yoruba dans la bouche de sa grand-mère. Sa question, c'est : « Quelle est la différence entre le vaudou d'ici et le nôtre ? » Et la réponse la surprend toujours. Chez elle, la religion vit dans le terreiro, la maison de culte, avec les saints catholiques par-dessus, parce qu'il a fallu se cacher.

Ici, elle vit dans la terre, dans la famille, dans le lignage : un vodun appartient à un village, à une lignée, on ne le déplace pas. Et il n'y a pas de saint par-dessus, on n'a jamais eu besoin de se cacher. Quand elle comprend ça, elle voit d'un coup ce que sa religion a dû faire pour survivre. C'est là qu'elle pleure.

 

Qu’en est-il de l’Haïtien ?

L'Haïtien, lui, ne me pose pas une question sur la religion. Il me pose une question sur une famille. Il connaît Legba, Ogou, Damballa, il n'a rien à apprendre là-dessus. Ce qu'il me demande dans le bus, c'est : « Est-ce qu'on peut aller à Allada ? Je voudrais rencontrer le roi, et voir la lignée de Toussaint Louverture. »

Parce qu'en Haïti, tout le monde sait que le grand-père de Toussaint était un prince d'Allada, et que le rite le plus ancien du Vodou haïtien s'appelle le rite Rada, Rada, Allada, c'est le même mot. Pour lui, Allada, ce n'est pas un site touristique, c'est la maison d'origine du héros national. Et il ne demande pas à voir un monument, il demande à saluer quelqu'un. Un roi, une lignée, des vivants, une famille. Et cette famille existe, on peut la saluer, à quarante minutes de Cotonou. C'est ce genre de chose que le Bénin peut offrir et qu'aucun fort ne peut offrir.

L'Américain cherche un pays, la Brésilienne cherche une religion, l'Haïtien cherche une famille. Et si vous écoutez bien, c'est la même question : est-ce que je suis d'ici ?

 

Le monde arrive ici avec le voodoo en tête et ce qu'il trouve, c'est le Vodun. Dites-nous la différence.  

Le voodoo avec deux o, les poupées, les aiguilles, les zombies, ça vient de là-bas, pas d'ici. Ça a été fabriqué aux États-Unis dans les années trente, au cinéma, avec ce que des Américains avaient cru comprendre d'Haïti. Depuis, ça a fait des films, des dessins animés, des déguisements d'Halloween. L'image a presque cent ans et elle est très solide. Elle ne parle pas de nous, mais c'est nous qu'elle décrit quand on tape le mot.

Le Vodun, c'est un mot fon. Ça veut dire à peu près l'invisible, ce qu'on ne voit pas mais qui est là. C'est la religion de cette côte, du Togo jusqu'au Nigeria. Il y a des divinités, chacune a son domaine, la terre, la mer, le tonnerre, le fer, la variole même. Il y a des prêtres, il y a des couvents où on reste des mois, il y a des familles qui gardent une divinité depuis dix générations. Et c'est surtout une religion de tous les jours. On consulte avant de voyager, avant de se marier. Pour moi ce n'est pas plus bizarre que quelqu'un qui allume un cierge. Voilà ce que les gens trouvent en arrivant. Pas de poupée. Une famille dans une cour.

 

Qu'est-ce que ce malentendu coûte au Bénin ?

Ce que ça coûte, je vais commencer par moi, ce sera plus juste. Quelqu'un à Chicago qui cherche un voyage au Bénin ne tape pas Vodun, il ne connaît pas le mot. Il tape voodoo. Donc sur mon site, en anglais, j'ai écrit voodoo. Sinon il ne me trouve pas. Je fais entrer les gens avec le mot d'Hollywood et une fois sur place, je leur montre le reste. Je ne suis pas très à l'aise avec ça, mais c'est comme ça aujourd'hui, et je préfère le dire ici plutôt que quelqu'un le découvre.

Le coût, c'est les gens qui ne viennent pas. Le voyageur qui a vu les films a peur. Il ne le dit pas comme ça. Il dit : « est-ce que c'est sûr, est-ce que ma femme sera à l'aise ? ». Et à la fin, il choisit le Ghana, où on lui montre un fort, une histoire dure mais qu'il comprend. Nous, on lui propose une religion qu'il croit dangereuse.

Et puis il y a ceux qui viennent quand même, mais pour le mauvais spectacle. Ils veulent la transe, le sang, la photo qui fait peur. Et il y a des gens ici qui se prêtent à ce jeu pour de l’argent. Chaque fois qu'on le fait, on donne raison au film.

Ce qui me rassure un peu, c'est que ça se répare vite. Une journée. Un Américain qui s'assied dans une cour, qui voit une famille consulter le Fâ, qui voit qu'on rigole, qu'il y a des gamins qui courent, que le prêtre lui explique tranquillement qui est sa divinité, il rentre à l'hôtel le soir et il dit : « je ne m'attendais pas à ça ». Ça marche à chaque fois. Le problème n'est pas de convaincre ceux qui sont là. C'est qu'ils sont si peu à venir voir.

 

 

 

 

0 commentaire

0 commentaire