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Le gouvernement sénégalais devra revoir sa copie. Pour la troisième fois, son budget rectificatif n’a pas obtenu le feu vert des parlementaires, sur fond de désaccords autour des recettes, des dépenses publiques et des priorités économiques.
La décision est tombée sans examen du fond. Selon Seneweb, à l’Assemblée nationale, les députés ont adopté une question préalable présentée par Amadou Ba, élu du parti Pastef, entraînant l’arrêt de la procédure d’examen du texte défendu par l’exécutif. Le scrutin de ce mardi 2 novembre 2026 a enregistré 109 voix pour, 20 contre et trois abstentions, sur 132 parlementaires ayant pris part au vote, dont 17 par procuration.
Cette issue constitue un revers politique pour le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement. Le Pastef, formation dirigée par Ousmane Sonko, ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale, dispose d’une majorité confortable de 130 sièges sur les 165 que compte l’institution. Le rejet traduit ainsi les profondes divergences qui persistent au sommet du pouvoir sénégalais.
Des désaccords sur les choix budgétaires
Au cœur du blocage, les députés contestent la crédibilité des prévisions financières du gouvernement. Ils estiment notamment que les données présentées ne permettent pas d’évaluer avec suffisamment de précision les besoins réels de financement de l’État et la soutenabilité de sa dette. Le Pastef remet également en cause l’évaluation du déficit budgétaire, annoncé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Pour redresser les comptes publics, l’exécutif proposait plusieurs mesures d’austérité. Parmi elles figurent une réduction de 555 milliards de FCFA des dépenses d’investissement et une diminution des subventions aux produits pétroliers, ramenées de 790 à 552 milliards de FCFA.
Ces arbitrages suscitent des réserves au sein de la majorité parlementaire. Les députés entendent préserver le pouvoir d’achat des ménages, ainsi que les investissements dans l’éducation, la formation professionnelle et les secteurs sociaux, dans un contexte marqué par la cherté de la vie.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a, de son côté, dénoncé ce qu’il considère comme un prétexte pour écarter le texte gouvernemental. Le désaccord porte donc autant sur les choix économiques que sur la manière de présenter et de justifier les comptes publics.
Le FMI et les créanciers en ligne de mire
Au-delà de la confrontation politique, les conséquences pourraient être immédiates pour les finances de l’État. Le gouvernement comptait sur ce budget révisé pour honorer des dettes envers des entreprises privées, régler des fournisseurs d’électricité et poursuivre l’approvisionnement en combustible des centrales électriques.
Le rejet fragilise également les perspectives d’obtention d’un financement de 2,2 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international. L’institution attend des garanties sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, alors que le pays cherche à maîtriser son déficit et à restaurer la confiance dans la gestion de ses finances publiques.
Faute de compromis avec sa majorité parlementaire, l’exécutif se retrouve contraint de reprendre son travail budgétaire. La suite dépendra de sa capacité à présenter un texte jugé crédible sans sacrifier les priorités sociales défendues par les députés.
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