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Joël Aïvo devant la CRIET : «Nous n’avons toujours pas accès au dossier», se plaint son avocat belge

Joël Aïvo devant la CRIET : «Nous n’avons toujours pas accès au dossier», se plaint son avocat belge

Ludovic Hennebel, l'un des avocats de l'opposant béninois Joël Aïvo a dénoncé mardi 29 juin 2021 l'impossibilité pour sa défense d'avoir accès à son dossier judiciaire devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Ludovic Hennebel, l'un des avocats de l'opposant béninois Joël Aïvo a dénoncé mardi 29 juin 2021 l'impossibilité pour sa défense d'avoir accès à son dossier judiciaire devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

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Pr Joël Aïvo

Les avocats de Joël Aïvo n'ont toujours pas accès à son dossier à deux semaines de l'ouverture de son procès devant la CRIET. C'est ce qui ressort de l'intervention de son avocat belge Ludovic Hennebel mardi 29 juin 2021 sur la chaîne Sikka TV. «Nous sommes à deux semaines de l’ouverture de l’audience mais n’avons toujours pas accès au dossier», a-t-il déclaré. L'avocat souligne que cette impossibilité pour la défense d'avoir accès au dossier de leur client est «évidemment très problématique en vue de la préparation de la défense».

Pour l'avocat international, depuis l'arrestation et l'incarcération du professeur Joël Aïvo «le dossier n'a pas évolué» devant la juridiction spéciale béninoise. «Le professeur Joël Aïvo n’a pas été dûment informé des accusations portées contre lui dans le plus court délai, comme l’exige le droit international et des droits de l’homme», dénonce-t-il.

Une détention provisoire problématique

 L'avocat et expert en droit de l'homme fait savoir sur Sikka TV que si Joël Aïvo avait pu être traduit devant un juge indépendant et impartial, ce juge aurait pu étudier la régularité de sa détention et exiger sa libération immédiate à défaut de dossier, de charges et de preuves sérieuses. «C’est une obligation une fois encore qui pesait sur le Bénin et qui n’a pas été respectée», commente-t-il. 

Critiquant la procédure ayant conduit au placement en détention provisoire de l'opposant par la CRIET, l'avocat belge Ludovic Hennebel déplore le fait que le professeur Joël Aïvo n’a pas pu non plus exercer dans ce dossier «son droit fondamental à l’habeas corpus». C’est-à-dire le droit de se pencher sur la régularité et les conditions de sa détention. «Je pense par ailleurs qu’un observateur objectif qui examinerait la situation actuelle du prof Joël Aïvo serait très inquiet de voir qu’une série de garanties fondamentales sont malmenées y compris la présomption d’innocence et le droit de préparer sa défense», a-t-il ajouté. 

Opposant au régime du président Patrice Talon et candidat recalé du Front pour la restauration de la démocratie (FRD) à la présidentielle du 11 avril 2021, Joël Aïvo a été arrêté le 15 avril 2021 à Abomey-Calavi. Il est ensuite présenté au procureur spécial de la CRIET qui a décidé de le placer en détention provisoire pour de présumés faits de «financement de terrorisme et blanchiment de capitaux».