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Théordore Holo : Romuald Wadagni est « un bon profil de président »

Théordore Holo : Romuald Wadagni est « un bon profil de président »

Au Bénin, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Professeur Théodore Holo, trouve que le président élu Romuald Wadagni est un «bon profil» mais se demande s’il sera fidèle à ses engagements une fois au pouvoir.

Au Bénin, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Professeur Théodore Holo, trouve que le président élu Romuald Wadagni est un «bon profil» mais se demande s’il sera fidèle à ses engagements une fois au pouvoir.

Professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle

Professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle

Romuald Wadagni, président élu du Bénin pour le prochain septenat est un « bon profil» mais c'est à l'aune de ses actions pour tenir ses promesses qu'on pourra le juger. C'est la lecture que fait Théodore Holo du candidat plébiscité à l'issue de la présidentielle du 12 avril 2026. S’il se montre globalement favorable, l’ancien président de la Cour constitutionnelle insiste sur l’épreuve décisive de la fidélité aux engagements et de la capacité à corriger les insuffisances du régime sortant.

 

Invité de « l’Entretien Grand Format » de Bip Radio, dimanche 4 mai 2026, Prof Holo n’a pas caché son appréciation face à l’arrivée d’un dirigeant relativement jeune à la tête de l’État, soulignant une rupture avec les habitudes politiques observées depuis le renouveau démocratique.

 

Au-delà de l’âge, c’est surtout le profil technocratique de Romuald Wadagni qui retient l’attention du constitutionnaliste. Théodore Holo met en avant sa « connaissance du monde financier à l'extérieur », qu’il considère comme un atout déterminant pour un pays en quête de ressources.

 

« Aucun pays ne peut vivre de ses impôts intérieurs », a-t-il expliqué, évoquant la dépendance des économies modernes aux financements extérieurs. « S'il vous faut ce financement extérieur, il faut que vous soyez crédible. Or, il (Romuald Wadagni, Ndlr) connaît ce monde », a ajouté Théodore Holo.

 

Dans son analyse, il établit un parallèle entre l'élection de Romuald Wadagni et celle de Nicéphore Soglo en 1991, rappelant que son passage à la Banque mondiale avait facilité la mobilisation de ressources et le déblocage de situations complexes.

 

Un projet de société en phase avec les exigences

 

Théodore Holo dit également avoir été attentif aux orientations du projet de société de Romuad Wadagni. Pour lui, le  projet met l'accent sur « la démocratie », mais aussi sur « le dialogue » et « les libertés fondamentales ».

 

À ses yeux, ces éléments constituent une base solide. Car pour lui, le développement passe par « les infrastructures, les libertés fondamentales, c'est-à-dire la paix, la liberté et la sécurité ».

 

Conscient que c’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artisan, le constitutionnaliste se garde de tout enthousiasme avant la mise en œuvre des actions de gouvernance. «Quand il sera aux affaires, est-ce qu'il sera fidèle à son engagement ? Je ne le sais pas encore», a-t-il affirmé.

 

«Sinon, pour moi, c'est un bon profil de président. Et je suis fier qu'on ait pu avoir ce président, non seulement parce qu'il est jeune, mais parce qu'il a au moins cette capacité à nous aider à la mobilisation de ce dont nous avons besoin», a poursuivi l'ex-président de la Cour constitutionnelle.

 

Une exigence d’humilité mis en exergue 

 

Théodore Holo insiste par ailleurs sur la responsabilité de Romuald Wadagni dans le bilan du régime de Patrice Talon, dont il a été ministre des Finances durant une décennie.

 

« Il est aussi responsable de ce qui a été fait. Ce n'est pas seulement le président Talon », a-t-il rappelé, soulignant qu’il « n'a pas démissionné » et qu’il « a continué », assumant ainsi les choix opérés durant les 10 dernière années.

 

Dès lors, la promesse de corriger les insuffisances prend une dimension particulière, aux yeux de l'universitaire.

 

«Je pense qu'il a aussi laissé entendre qu'il va corriger ce qui a été mal fait, ce qui suppose alors qu'il faut écouter les autres, qu'il y ait dialogue. C'est aussi quelque chose d'humilité, parce qu'il est aussi responsable de ce qui a été fait», a analysé Théodore Holo.

 

« Ce qui veut dire qu'il est disponible alors à écouter pour corriger », a-t-il poursuivi, qualifiant cette disposition de « bonne qualité ».

 

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