Assemblée nationale du Bénin
La configuration du Parlement béninois, 10e législature, composé exclusivement d'élus de la mouvance présidentielle, n'empêche pas le contrôle de l'action gouvernementale. C'est ce qu'il convient de rétenir de la sortie médiatique effectuée dimanche 25 octobre 2026 par les députés Orden Alladatin et Gérard Gbénonchi sur la télévision nationale.
Interrogé sur les craintes liées au contrôle de l'action gouvernement, Gérard Gbénonchi, président de la Commission des finances et des échanges, a dit comprendre ces inquiétudes. Il a cependant invité à apprécier le travail accompli par les élus depuis leur installation.
« Est-ce que nous avons été absents ? Non, pas du tout », a-t-il affirmé, citant les questions orales adressées au gouvernement parmi les mécanismes utilisés par les députés.
L'élu de la Nation a surtout mis en avant l’examen de la loi de règlement. Ce texte permet de constater les conditions d’exécution du budget de l’État et de vérifier l’utilisation des crédits mis à la disposition du gouvernement.
Pour Gérard Gbénonchi, ce contrôle ne se limite pas à la vérification des dépenses. Il consiste également à apprécier les résultats obtenus grâce aux ressources publiques et leur incidence sur les conditions de vie des citoyens.
Dans ce cadre, la Commission des finances examine notamment les rapports de la Cour des comptes et les rapports trimestriels d’exécution du budget transmis par le gouvernement. Ces travaux donnent lieu à des recommandations destinées à améliorer la gestion des ressources publiques.
«Quand on parle du contrôle de l’action, il ne faut pas voir seulement les questions orales et autres. Au niveau de la commission des finances, nous faisons des auditions, nous descendons sur le terrain pour voir comment tel ou tel programme est mis en œuvre», déclaré Gérard Gbénonchi.
Le député a également précisé que les constats effectués sont consignés dans des rapports assortis de recommandations à l’endroit du gouvernement.
Gérard Gbénonchi assure que les députés suivent également la mise en œuvre de ces recommandations. Il considère ainsi que le contrôle parlementaire demeure permanent, indépendamment des débats organisés en séance plénière.
De son côté, Orden Alladatin, président de la Commission des lois a insisté sur le rôle des députés dans l’examen de la loi de finances. Il a notamment cité la vérification des mesures fiscales annoncées par le gouvernement.
Lorsque l’exécutif prévoit une augmentation des ressources publiques sans hausse des impôts, a-t-il expliqué, il revient aux députés d’examiner les dispositions budgétaires pour s’assurer qu’elles ne prévoient pas, en réalité, de nouveaux prélèvements.
Pour le président de la Commission des lois, ce travail d’analyse permet d’examiner les choix budgétaires du gouvernement et d’identifier les éventuelles mesures qui nécessitent des améliorations.
Davantage de lumière sur les travaux des commissions permanentes
Les députés Orden Alladatin et Gérard Gbénonchi ont assuré que le Parlement remplit sa mission de contrôle de l'action gouvernementale, notamment lors des travaux au sein des commissions permanentes. Les deux élus se demandent si l'absence de communication sur les travaux en commissions n'ombrage pas tout ce qui est fait.
«Le Président Orden Alladatin et moi, on s'est dit : "Mais est-ce que quelque part nous n'avons pas tort de ne pas souvent révéler le travail parlementaire qui se fait au niveau des commissions ?"», a déclaré Gérard Gbénonchi.
Selon lui, cette insuffisance de communication peut donner l’impression que le contrôle de l’action gouvernementale se limite aux questions orales adressées aux membres du gouvernement en séance plénière.
« Le gros lot, c'est au niveau des commissions, que le travail du contrôle de l'action du gouvernement se fait », a souligné Gérard Agbenonchi.
Le président de la Commission des finances et des échanges estime donc nécessaire de revoir la manière dont les activités parlementaires sont portées à la connaissance du public. «Nous pensons que nous-mêmes, nous devons revoir notre copie afin que les citoyens et les Béninois sachent que le gros lot du travail du contrôle de l'action du gouvernement se fait au niveau des commissions techniques permanentes», a-t-il reconnu.
Abondant dans le même sens que son collègue député, Orden Alladatin a notamment évoqué la possibilité de mieux valoriser les travaux des commissions et les échanges avec les acteurs de la société civile qui y sont reçus.
Le président de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’Homme a toutefois rappelé que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit que les travaux en commission ne sont pas publics.
Pour lui, l’enjeu consiste à mieux informer les citoyens sur les activités de ces instances, sans méconnaître les règles qui encadrent leur fonctionnement.
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