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Audios sur des actes attentatoires au Bénin : Kemi Seba et Agbaza sous le feu de l'indignation

Audios sur des actes attentatoires au Bénin : Kemi Seba et Agbaza sous le feu de l'indignation

Au Bénin, la diffusion d’audios WhatsApp issus de supposées discussions entre Kemi Seba et un certain Agbaza provoque une vague de réactions d'indignation, notamment sur les réseaux sociaux, contre le président de l'ONG Urgences panafricanistes.

Au Bénin, la diffusion d’audios WhatsApp issus de supposées discussions entre Kemi Seba et un certain Agbaza provoque une vague de réactions d'indignation, notamment sur les réseaux sociaux, contre le président de l'ONG Urgences panafricanistes.

Kemi Seba et le nommé Agbaza (g à d)

Kemi Seba et le nommé Agbaza (g à d)

Désaveu citoyen massif aux projets d’attaques contre le Bénin évoqués dans des audios supposés par Kemi Seba et un certain Agbaza. 

 

Depuis quelques jours, des audios évoquant la planification d’actes attentatoires circulent massivement sur les réseaux sociaux au Bénin. Ces notes vocales seraient issues de discussions WhatsApp entre Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, et le nommé Agbaza, actuellement dans les mailles de la justice béninoise. Les audios sont apparus sur les réseaux sociaux suite à l'annonce de l'arrestation par la justice du sieur Agbaza, présenté comme un bras opérationnel local de Kemi Seba.

 

Dans leurs conversations supposées, les deux interlocuteurs échangent sur des projets d'atteinte à des présidents d'institutions de la république, en public lors des Vodun Days. La voix identique à celle de Kemi Seba évoque aussi avec assurance un autre projet de coup d'Etat, après celui déjoué du 7 décembre 2025.

 

La gravité des propos contenus dans ces audios a suscité des réactions d'indignation dans les conversations entre citoyens, mais aussi sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, de nombreuses voix se sont élevées pour désavouer les instigateurs de ces funestes projets, visant la tuerie de milliers de Béninois et la déstabilisation de l'État.

 

La cinéaste et promotrice du Festival international du film de femmes (FIFF), Cornelia Glèlè, a exprimé son amertume à travers un post Facebook le 27 mars 2026.

 

« Les audios entre le bloqueur sur Facebook Kemi Seba et son ami Agbaza font froid dans le dos. Comment peut-on vouloir la mort de milliers de personnes juste pour que "sa vie change", simplement "pour quitter un glorglor" ? », s’est-elle indignée.

 

"J’espère que toutes les personnes impliquées dans ces absurdités seront arrêtées et punies avec la plus grande rigueur", a-t-elle ajouté. Elle a également souhaité que le procès d’Agbaza soit retransmis en direct afin que l’opinion publique puisse suivre les débats judiciaires. 

 

L’amatrice du 7ᵉ art a profité de l’occasion pour remercier les forces de l’ordre qui "nous protègent et sauvent nos vies chaque jour."

 

Habib Ahandessi tourne le dos à Kemi Seba sur ce coup

 

Même au sein des cercles réputés proches des idées de Kemi Seba, l’on désavoue les manœuvres entendues dans les audios. Habib Ahandessi, défenseur de longue date des idéaux dits panafricanistes de Kemi Seba, a pris ses distances avec le contenu des audios.

 

Dimanche 29 mars 2026, il a enchaîné trois posts Facebook pour désapprouver les intentions meurtrières nourries par Agbaza et Kemi Seba. « Comment peut-on encore défendre ces audios qui circulent ? C’est indéfendable. Ce qu’on a entendu est très grave », a-t-il écrit dans le premier post.

 

Dans la deuxième publication, il a insisté sur la gravité des faits évoqués : « Dans les audios, on planifie même le massacre de centaines de compatriotes béninois. C’est trop grave 🤦🏿 », a-t-il écrit.

 

« Kemi Seba est mon frère certes mais je me dois d’être sincère. Il est et il restera mon ami et frère mais là il a eu un comportement très grave », a réprouvé Habib Ahandessi.

 

Dans le même sens, le chroniqueur politique Jules Léandre Kiti s’est insurgé contre ceux qui, selon lui, cherchent encore des circonstances atténuantes aux personnes impliquées. « Il se trouve des “Béninois” pour l’ouvrir encore et chercher à trouver des situations atténuantes aux criminels Agbaza et Kemi Séba après avoir écouté les audios sur les crimes massifs fomentés (heureusement déjoués). C’est juste pathétique », a-t-il écrit sur compte Facebook le 29 mars 2026.

 

Le juriste et communicant Modeste Kpotin a publié, le dimanche 29 mars 2026, un message dans lequel il a souligné la rupture entre les divergences politiques ordinaires et la gravité des faits évoqués dans les audios. « En tant que Béninois, nous pouvons avoir des divergences profondes. Mais envisager de lancer des explosifs ou des grenades au milieu de l’immense foule présente aux Vodun Days ne fait pas partie de nos options », a-t-il déclaré.

 

Il a ajouté que « être prêt à provoquer des milliers de morts, simplement pour satisfaire Agbaza et les siens, est inconcevable », évoquant également des discussions autour du recrutement d’un tireur d’élite pour attenter à la vie du chef de l’État. Comme d’autres, il a appelé Kemi Seba à fournir des explications publiques.

 

Kemi Seba se débat...

 

Face aux interpellations répétées, Kemi Seba est finalement sorti de son silence le lundi 30 mars 2026.

 

Sans nier l'authenticité de sa voix, l’activiste recherché par la justice béninoise estime que les audios publiés sont un montage de conversations sorties de leur contexte.

 

« Ils ont monté, ils ont décontextualisé les notes de leur contexte initial et ils ont fait en sorte de pourvoir les assembler », accuse Kemi Seba dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

 

Pour le président de l’ONG Urgences panafricanistes, la question est plutôt de savoir s’il souscrit aux « propos irraisonnés ou irrationnels » que tient le nommé Agbaza. L’activiste, déchu de sa nationalité française en juillet 2025 et condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale, assure que cela n’a « jamais » été sa « démarche ».

 

...mais ne convainc pas 

 

La prise de parole de l’activiste n’a pas semblé convaincre plusieurs internautes qui, avant sa vidéo, pouvaient parier que les audios étaient générés par l’IA.

 

Pas convaincu des arguments avancés par Kemi Seba, l’auteur du compte Facebook Trésor le Précieux a fait une proposition à Kemi Seba dans un post le 30 mars 2026.

 

« Je croyais que Kemi Seba allait nier les propos mais au contraire il dit qu'ils ont été sortis de leur contexte... Bah qu'il publie alors les mêmes audios dans leur contexte ! Nous allons vérifier quelque chose », a-t-il lancé.

 

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