Des soldats maliens (Images d'illustrations)
Une série d’attaques coordonnées a secoué le Mali, laissant derrière elle un bilan encore incertain et des pertes significatives au sommet de l’appareil militaire. Le gouvernement malien a confirmé la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, touché lors d’une attaque visant sa résidence.
Selon les autorités, un véhicule piégé a explosé avant un assaut armé. « Il a échangé des coups de feu avec les assaillants, dont il a réussi à neutraliser certains », indique le communiqué officiel. « Au cours d’affrontements intenses, il a été blessé puis transporté à l’hôpital, où il a malheureusement succombé à ses blessures. »
L’explosion a provoqué l’effondrement de bâtiments proches, dont une mosquée, causant la mort de plusieurs fidèles. Aucun chiffre précis n’a été communiqué concernant ces victimes civiles. Le porte-parole du gouvernement, le général Issa Ousmane Coulibaly, a annoncé un deuil national de deux jours.
Le bilan global des attaques reste partiel. Les autorités évoquent au moins 16 blessés, civils et militaires confondus, sans fournir de nombre officiel de morts. Le même porte-parole a précisé que plusieurs assaillants avaient été tués au cours des affrontements.
De son côté, l’armée affirme avoir neutralisé environ 200 « terroristes » lors des combats qui ont touché sept localités : Bamako, Kati, Konna, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Le chef d’état-major général a décrit une situation « très tendue ce 25 avril » et évoqué « un plan de déstabilisation vaste et complexe ».
Sur le terrain, les conséquences militaires apparaissent contrastées. Les forces gouvernementales assurent avoir repoussé les attaques dans plusieurs zones, notamment à Bamako. Toutefois, dans le nord, la ville de Kidal échappe désormais à leur contrôle. Les autorités évoquent un repositionnement de leurs troupes, tandis que les groupes armés affirment avoir pris la ville.
« Kidal est déclarée libre », a déclaré le porte-parole du Front de libération de l’Azawad, Mohamed El Maouloud Ramadan. Selon lui, le retrait des forces maliennes et des éléments du Corps africain russe s’est effectué à la suite d’un accord négocié. Les assauts ont également visé des infrastructures stratégiques, dont l’aéroport international de Bamako. Plusieurs bases militaires ont été attaquées simultanément.
Face à cette situation, un couvre-feu nocturne de trois jours a été instauré dans la capitale, de 21 heures à 6 heures. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a condamné ces attaques et appelé à une mobilisation collective, invitant « tous les États, les forces de sécurité, les mécanismes régionaux et les populations d’Afrique de l’Ouest à s’unir et à se mobiliser dans un effort coordonné pour lutter contre ce fléau ».
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