Une marche contre le Xénophobie en Afrique du Sud
Le haut-commissaire par intérim de l'Afrique du Sud est convoqué par le Nigeria. Selon un communiqué publié samedi 2 mai 2026 par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kimiebi Ebienfa, la réunion est prévue pour se tenir lundi 4 mai au ministère.
« L’objectif de cet échange est de transmettre officiellement la profonde préoccupation du gouvernement nigérian face aux récents événements susceptibles d’affecter les relations cordiales établies entre le Nigeria et l’Afrique du Sud », indique le communiqué.
Le ministère a précisé que les discussions porteront notamment sur les manifestations en cours de certains groupes en Afrique du Sud, ainsi que sur les cas signalés impliquant des ressortissants nigérians.
« Les discussions se concentreront principalement sur les manifestations en cours de divers groupes en Afrique du Sud et sur les cas documentés de mauvais traitements infligés aux citoyens nigérians ainsi que sur les attaques visant leurs entreprises », précise le communiqué.
Des violences meurtrières et des dégâts matériels
Au moins deux Nigérians et quatre Éthiopiens ont été tués ces dernières semaines, selon les médias locaux, tandis que des attaques ont également eu lieu contre des citoyens d'autres pays africains.
Au cours de ces violences, environ 10 véhicules ont été incendiés et des magasins appartenant à des locaux et à des étrangers ont été pillés, selon la BBC.
Le Nigeria exhorte ses ressortissants à « rester calmes et réitère l’engagement du gouvernement fédéral à protéger les droits et le bien-être des citoyens nigérians résidant en Afrique du Sud ».
En avril, le Ghana a convoqué le plus haut représentant de l'Afrique du Sud après la diffusion massive d'une vidéo montrant un Ghanéen mis au défi de prouver qu'il possédait les papiers d'immigration en règle.
Le 27 avril 2026, lors du South Africa Freedom Day (journée de la liberté), le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rappelé que la libération de l'Afrique du Sud n'aurait pas été possible sans la solidarité du continent africain.
« Il ne peut pas, et il ne doit jamais être, que nous foulions aux pieds la fraternité africaine qui a rendu notre liberté possible », a-t-il déclaré devant les autorités présentes.
Cyril Ramaphosa a également mis en garde les étrangers contre le risque de tomber sous le coup des lois locales.
Une xénophobie accentuée en début d'année
En Afrique du Sud, le sentiment anti-immigrés s’est accentué en début d’année, sur fond de polémique autour de l’intronisation d’un chef de la communauté nigériane à KuGompo (anciennement East London), perçue par certains comme une tentative d’emprise politique.
Le 30 mars 2026, une marche dite pacifique a dégénéré dans cette ville portuaire. Des violences ont éclaté après des accusations d’agression visant un étranger, entraînant des dégradations de véhicules et de commerces.
Ces tensions surviennent dans un pays qui compte environ 2,4 millions de migrants, soit près de 4 % de la population, selon les chiffres officiels. La majorité provient de pays voisins comme le Lesotho, le Zimbabwe et le Mozambique.
La xénophobie est un problème de longue date en Afrique du Sud, qui s'accompagne parfois d'explosions de violence meurtrière, au point de s’imposer comme un enjeu politique majeur.
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