Incinération des produits psychotropes, ce jeudi 18 juin 2026 à Ahonzon
Une épaisse fumée noire s’élève dans le ciel d’Ahonzon. Autour d’un vaste brasier alimenté par des pneus usés, du bois de chauffe et du carburant, militaires, policiers, magistrats et agents spécialisés suivent attentivement le déroulement de l’opération. Ce jeudi 18 juin 2026, plusieurs dizaines de kilos de drogues et de substances psychotropes ont été réduites en cendres sur ce site sécurisé de la commune de Ouidah.
Quelques heures plus tôt, deux camions de l’armée avaient acheminé sur les lieux les produits saisis dans le cadre de procédures menées notamment par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) et l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et des précurseurs (OCERTID). Dans un large trou aménagé pour l’occasion, les cargaisons prohibées ont été déversées avant que les sapeurs-pompiers ne procèdent à leur destruction par le feu.
Une mission au cœur de la lutte contre la criminalité
Pour Raynier Florent Gnansomon, directeur général de l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis (ANCRACS), cette opération répond à l’une des missions fondamentales de l’institution. « C’est une opération d’incinération qui entre dans le cadre des prérogatives de l’agence, chargée de recouvrer les biens saisis et confisqués dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée sous toutes ses formes », explique-t-il devant le brasier encore ardent.
Parmi les produits détruits figurent du cannabis, de la cocaïne et divers psychotropes. Le 1er responsable de l'ANCRACS insiste sur la nécessité d’agir rapidement afin d’éviter tout risque lié au stockage prolongé de ces substances dangereuses. « Nous avons l’obligation et le devoir de diligence. Ces produits saisis ne doivent pas traîner et leur destruction rapide répond aux exigences internationales en matière de lutte contre les stupéfiants », souligne-t-il.
L’un des moments marquants de l’opération concerne la destruction de la cocaïne récemment saisie au Port autonome de Cotonou. « Les produits récupérés lors de la saisie des 95 kilos de cocaïne au Port autonome de Cotonou font partie du lot actuellement incinéré », précise Raynier Florent Gnansomon. Pour les autorités, cette rapidité dans le traitement des saisies constitue un signal fort envoyé aux réseaux criminels.
Un message de fermeté
Tout au long de l’opération, un important dispositif sécuritaire a été déployé autour du site. Forces armées et forces de sécurité publique ont veillé au bon déroulement des opérations, loin des habitations et des populations. Le directeur général de l’ANRACS en a profité pour lancer un appel à la vigilance. « Les produits illicites sont interdits. Les forces de l’ordre sont là et veillent au grain. Rien ne passera, rien n’échappera à leur vigilance », affirme-t-il.
Alors que les dernières flammes continuaient de consumer les substances prohibées, le message des autorités était clair : au Bénin, les drogues saisies ne resteront pas dans les entrepôts. Leur destination finale est désormais connue : les cendres.
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