Rayan Seton Egbogbé, 1er du Bénin au BAC 2026
Rayan Seton Egbogbé a fini premier du BAC 2026. Mais, derrière la performance exceptionnelle de Rayan Egbogbé, il y a un choix parental peu conventionnel : ne pas tout contrôler. Dans une interview accordée à Banouto, son père revient sur les attitudes qu’il estime contre-productives dans l’accompagnement scolaire des enfants.
Ne pas choisir à la place de l’enfant
Pour Sébastien Egbogbé, la première erreur consiste à imposer une orientation scolaire à son enfant. Rayan avait été orienté en série C, mais souhaitait plutôt intégrer la G2. Malgré les tentatives de son entourage pour le convaincre, il a maintenu son choix.
Son père a finalement décidé de lui faire confiance. « Laissez les enfants choisir leur série », conseille-t-il aujourd’hui, en s’appuyant sur l’expérience de son fils. Le résultat lui donne raison : Rayan a décroché le baccalauréat avec une moyenne de 18,80.
Pour le parent, l’enjeu n’est pas seulement de choisir la filière jugée la plus prestigieuse, mais de permettre à l’enfant de trouver celle dans laquelle il peut réellement s’épanouir et donner le meilleur de lui-même.
Éviter les comparaisons qui découragent
Autre piège : comparer les performances d’un enfant avec celles de ses camarades, de ses frères et sœurs ou des enfants du voisinage. « Il ne faut pas comparer les enfants », insiste Sébastien Egbogbé. Selon lui, dire à un élève que « l’enfant de tel a réussi » ou qu’un autre fait mieux que lui peut rapidement transformer l’école en source de pression et de frustration.
Même lorsqu’un résultat est insuffisant, le parent préconise une parole qui encourage plutôt qu’elle ne rabaisse. « Ce n’est pas très bon, mais tu peux encore faire mieux, tu peux faire des efforts », suggère-t-il. À ses yeux, l’encouragement et un minimum d’organisation peuvent aider l’enfant à progresser sans installer un climat de peur.
Téléphone, télévision : contrôler sans étouffer
La méthode appliquée à Rayan tranche également avec celle de nombreux parents. Pas de confiscation systématique du téléphone, pas d’interdiction totale de télévision ou d’Internet. « Je ne lui ai jamais pris le téléphone », explique son père. Pour lui, ces outils peuvent aussi contribuer à l’apprentissage.
La télévision, par exemple, permet aux enfants d’enrichir leur vocabulaire et d’acquérir certaines expressions qu’ils ne rencontrent ni à l’école ni à la maison. Mais liberté ne signifie pas absence de règles. Rayan devait apprendre à gérer son temps et à respecter ses responsabilités. Son père raconte qu’il pouvait étudier avec la télévision en face de lui sans se laisser distraire : « Il avait la tête baissée et était en train d’étudier. »
La rigueur, oui ; la pression permanente, non
Pour Sébastien Egbogbé, l’excès de contrôle peut finalement produire l’effet inverse de celui recherché. Confisquer tous les loisirs et imposer une « rigueur totale » risque de rendre l’enfant anxieux. « Lorsque vous faites ça à l'enfant, il devient un peu stressé. Et puis lorsque l'enfant est stressé, rien ne marche », prévient-il.
C'est pourquoi, explique-t-il, son approche repose sur un équilibre : donner un cadre, fixer des exigences, mais aussi laisser une marge de responsabilité à l’enfant. Dans le cas de Rayan, la confiance n’a pas supprimé la discipline. Elle l’a accompagnée. Le parent d'élève estime aussi qu'il faut suivre les enfants depuis la maternelle et ne pas attendre qu'ils soient en classe d'examen pour vouloir en faire des premiers.
Pour le père du premier au Bac 2026, accompagner un enfant vers la réussite ne consiste pas à décider de tout à sa place. Il s’agit plutôt de connaître ses capacités, respecter ses choix, l’encourager dans les moments difficiles et lui apprendre à s’organiser. Une confiance qui, chez Rayan, semble avoir porté ses fruits.
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