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La violence liée aux groupes islamistes militants continue de progresser en Afrique. Selon le bilan du Centre d’études stratégiques de l’Afrique, publié en 2026 et repris dans sa revue de presse du 8 septembre, 23 872 décès ont été enregistrés sur le continent au cours des douze mois allant de juillet 2025 à juin 2026.
Le chiffre représente une hausse de 77 % par rapport à 2021, année au cours de laquelle le Centre avait recensé 13 507 décès liés à ces groupes. Comparé à 2017, le nombre de victimes a presque été multiplié par 2,5.
Selon le CESA, 15 pays africains ont connu un certain degré de violence liée aux groupes islamistes militants au cours de la période étudiée. Mais la très grande majorité des décès est concentrée dans cinq pays : la Somalie, le Nigeria, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces cinq pays représentent à eux seuls 94 % des décès recensés.
Le Sahel concentre le plus lourd bilan
Avec 9 928 morts signalées, le Sahel reste le principal foyer de la violence liée aux groupes islamistes militants en Afrique. La région représente 42 % des décès recensés sur le continent au cours de la période.
Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) - Burkina Faso, Mali et Niger - concentrent l’essentiel de ces victimes. Depuis 2022, le Centre estime à près de 49 000 le nombre de décès liés à l’extrémisme violent dans le Sahel.
Le CESA précise toutefois que ces chiffres sont probablement sous-estimés. L'organisation souligne notamment les restrictions croissantes imposées au travail des médias et au reportage indépendant dans les trois pays dirigés par des régimes militaires.
La situation sécuritaire s'est également détériorée malgré les changements de stratégie opérés par les autorités militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le Centre relève que les groupes armés ont continué à étendre leur zone d'action vers des territoires plus peuplés et à menacer des centres urbains, des axes de transport et des infrastructures économiques.
Une succession d'attaques de grande ampleur
Au cours de la période étudiée, la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel a été marquée par plusieurs attaques particulièrement médiatisées.
En mai 2025, la coalition Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimeen (JNIM), affiliée à Al-Qaïda, a mené une série d'attaques de grande ampleur dans le nord et l'est du Burkina Faso. À Djibo, dans le nord du pays, JNIM avait notamment revendiqué la mort de centaines de militaires. Ces chiffres n'avaient toutefois pas pu être vérifiés indépendamment au moment des faits.
Au Mali, JNIM a renforcé la pression sur les approvisionnements en carburant. Depuis septembre 2025, le groupe a ciblé les axes d'importation du carburant en provenance notamment du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, provoquant des perturbations économiques et des pénuries à Bamako. Le Centre d'études stratégiques de l'Afrique fait état de coupures d'électricité et de pénuries d'eau dans la capitale malienne.
En avril 2026, une nouvelle étape a été franchie avec des attaques coordonnées dans plusieurs régions du Mali. Bamako, Kati, l'aéroport de la capitale, ainsi que plusieurs localités du centre et du nord du pays ont été ciblés.
JNIM a revendiqué une partie de ces opérations, tandis que le Front de libération de l'Azawad (FLA) a également revendiqué des actions dans le nord du pays. Le FLA a notamment affirmé avoir pris le contrôle de positions à Kidal et Gao. Reuters a cependant précisé que les revendications des deux groupes n'avaient pas pu être vérifiées indépendamment.
En juin 2026, JNIM a revendiqué une attaque contre l'aéroport international Diori-Hamani et la base aérienne de Niamey. Les autorités nigériennes ont fait état de la mort de 11 membres des forces de sécurité et de deux civils, tandis que 22 assaillants auraient été tués. Il s'agissait de la deuxième attaque visant le complexe aéroportuaire au cours de l'année.
JNIM, principal groupe meurtrier au Sahel
Le Centre d'études stratégiques de l'Afrique attribue à JNIM 76 % des décès liés aux groupes islamistes militants dans le Sahel.
Créée en 2017, la coalition regroupe plusieurs organisations jihadistes affiliées à Al-Qaïda. Selon le CESA, le nombre de décès associés aux groupes islamistes militants au Sahel a été multiplié d'environ 22 fois depuis la création de JNIM. L'organisation a également démontré sa capacité à mener des opérations simultanées dans plusieurs villes et à perturber des infrastructures stratégiques.
L'État islamique au Grand Sahara (EIGS) demeure l'autre principale organisation jihadiste active dans la région. Le Centre lui attribue 19 % des décès liés aux groupes islamistes militants au Sahel, soit environ 1 842 morts sur la période étudiée. Le groupe reste particulièrement actif dans l'ouest du Niger et l'est du Mali.
La Somalie et le bassin du lac Tchad également sous pression
Si le Sahel demeure le premier théâtre de la violence islamiste militante, la situation s'est également fortement dégradée ailleurs sur le continent.
La Somalie représente environ 28 % des décès recensés en Afrique sur la période. Le pays connaît depuis 2023 une moyenne annuelle d'environ 7 350 morts liées aux groupes islamistes militants, principalement al-Shabaab, selon le CESA.
Le bassin du lac Tchad, notamment autour du Nigeria, constitue également un important foyer de violence. La région représente elle aussi environ 28 % des décès continentaux selon le bilan du Centre.
Cette concentration géographique montre que la menace reste particulièrement forte dans trois grands espaces : le Sahel, la Somalie et le bassin du lac Tchad. Ensemble, ces trois théâtres concentrent la quasi-totalité des décès liés aux groupes islamistes militants recensés en Afrique.
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