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Finances publiques et impératif environnemental : plusieurs continents confrontent leurs expériences à Cotonou

Finances publiques et impératif environnemental : plusieurs continents confrontent leurs expériences à Cotonou

Il s’est ouvert, mardi 15 septembre 2026, le 17ᵉ Colloque de l'Association internationale des services du trésor (AIST) à Cotonou, capitale économique du Bénin. Consacré cette année aux « finances publiques au service de l'impératif environnemental »,  le rendez-vous jubilaire réunit responsables du trésor, experts internationaux et partenaires institutionnels.

Il s’est ouvert, mardi 15 septembre 2026, le 17ᵉ Colloque de l'Association internationale des services du trésor (AIST) à Cotonou, capitale économique du Bénin. Consacré cette année aux « finances publiques au service de l'impératif environnemental »,  le rendez-vous jubilaire réunit responsables du trésor, experts internationaux et partenaires institutionnels.

Vue des participants du 17e colloque de l'AIST à Cotonou

Vue des participants du 17e colloque de l'AIST à Cotonou

Faire de la rigueur budgétaire un levier de la transition écologique. Tel est le défi que s’est lancé depuis la matinée du mardi 15 septembre 2026, les responsables du trésor, experts internationaux et partenaires institutionnels de l'Association internationale des services du trésor (AIST) à Cotonou. 20 ans après sa création, l'AIST tient dans la capitale économique du Bénin son colloque annuel, marqué cette édition par un jubilé de porcelaine. 

 

Pendant trois jours, les délégations venues de plusieurs continents vont confronter leurs expériences autour de l'intégration des enjeux environnementaux dans les politiques publiques, la gouvernance des finances vertes, la mobilisation des ressources et les mécanismes de traçabilité. Tables rondes, ateliers techniques et assemblée générale des chefs de délégation rythmeront les échanges. Le thème de cette année est intitulé : « Les finances publiques au service de l’impératif environnemental ».

 

 

Un requin face à la tempête climatique

Dans son allocution d'ouverture, le président en exercice de l'AIST, Arthur Augustin Pascal Ahoussi, a salué 20 années durant lesquelles l'association s'est imposée comme « le sanctuaire de la coopération entre services du Trésor ». Il a appelé ses pairs à ne plus subir passivement la crise climatique, convoquant une formule attribuée au roi Béhanzin : « le requin ne craint pas la tempête ; il fend les flots et trace sa propre voie ».

 

 

Selon lui, le thème retenu cette année appelle un élargissement du champ des missions du trésor. « Il ne s'agit plus seulement de mobiliser, de gérer ou de comptabiliser avec rigueur ; il s'agit en plus de garantir la pérennité du monde après nous », a-t-il déclaré. Arthur Augustin Pascal Ahoussi a par ailleurs détaillé la symbolique de l'emblème du colloque, où « le globe doré consacre l'universalité des enjeux » tandis que « la feuille verte incarne la régénération, la durabilité et le renouveau vertueux des politiques publiques ».

 

 

« L'océan avance » à quelques mètres de la salle

La secrétaire générale de l'AIST, Catherine Lemesle, a choisi d'ancrer son propos dans la réalité littorale de Cotonou. « À quelques centaines de mètres de cette salle, l'océan avance », a-t-elle lancé, rappelant que le dérèglement climatique n'a rien d'un phénomène lointain.

« Nous n'avons pas eu à traverser la moitié du globe pour trouver un symbole de dérèglement climatique. Il est là, dehors, tout près de nous », a fait remarquer Catherine Lemesle. Elle a toutefois affiché son optimisme, estimant que « la soutenabilité environnementale est devenue une condition de la soutenabilité économique » aux yeux des gouvernements et des citoyens. La secrétaire générale de l'AIST a salué le rôle méconnu des administrations financières dans cette transformation. Pour elle, « les engagements internationaux deviennent réalité lorsqu'ils sont financés ». 

 

La secrétaire générale de l'AIST, Catherine Lemesle

 

Catherine Lemesle a enfin rappelé que le Bénin fut, en juillet 2021, le premier État africain à émettre un eurobond souverain entièrement dédié aux Objectifs de développement durable, pour un montant de 500 millions d'euros, saluant à cette occasion la figure historique des Amazones du Dahomey, symbole selon elle « de l'audace, du courage et de la créativité ».

 

 

Le Bénin, entre tradition et finance durable

Représentant le ministre des Finances et de la Microfinance, Charles Yéhouénou a ouvert officiellement les travaux au nom du gouvernement béninois, inscrivant cette ambition dans la matrice de développement « Bénin 2060 – ALAFIA ». Il a rappelé que les administrations financières ne peuvent plus se limiter à leurs missions traditionnelles. Selon lui, « il ne s'agit plus de concevoir la rigueur financière et la sauvegarde de la nature comme des forces antagonistes, mais comme le recto et le verso d'une même médaille ». 

 

 

Le représentant du ministre béninois des finances et de la microfinance a invité les trésors publics à anticiper la crise plutôt qu'à la subir. Charles Yéhouénou a exhorté les participants du colloque à « proposer des mécanismes de régulation innovants  »,  « des outils de budgétisation et de traçabilité d'une précision chirurgicale » et  « des indicateurs de performance environnementale de haute facture » 

 

 

« Nous n'avons pas de planète B. Mais nous avons entre nos mains la capacité stratégique et la responsabilité historique d'orienter le cours du capital public vers la sauvegarde de notre maison commune : la Terre », a-t-il conclu. 

 

Photo de famille des participants
Photo de famille des participants

Le colloque se poursuit jusqu'au 17 septembre, avec en ligne de mire la création annoncée d'un observatoire des finances publiques vertes et d'un réseau d'experts au sein de l'AIST.

 

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