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Enseignement primaire au Bénin : le niveau des apprenant recule en français et en mathématiques (Rapport PASEC 2024)

Enseignement primaire au Bénin : le niveau des apprenant recule en français et en mathématiques (Rapport PASEC 2024)

Le Bénin figure parmi les pays où les performances des élèves de fin de primaire ont reculé entre 2019 et 2025. Un signal préoccupant, alors que l’évaluation menée dans 16 pays d’Afrique subsaharienne révèle de grandes difficultés dans la maîtrise de la lecture et des mathématiques.

Le Bénin figure parmi les pays où les performances des élèves de fin de primaire ont reculé entre 2019 et 2025. Un signal préoccupant, alors que l’évaluation menée dans 16 pays d’Afrique subsaharienne révèle de grandes difficultés dans la maîtrise de la lecture et des mathématiques.

Image d'illustrations

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À la fin du primaire, près de six élèves béninois sur dix n’atteignent pas le seuil minimal de compétence en lecture retenu dans l’analyse de l’efficience des dépenses éducatives. Le constat est d’autant plus préoccupant que les performances du pays se sont dégradées ces dernières années selon le rapport international PASEC 2024.

 

Le PASEC est un programme de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN). Ce  programme réalise avec les pays de l’Afrique subsaharienne, une évaluation importante pour mesurer la qualité des systèmes éducatifs. 

 

Le rapport PASEC 2024 publié ce jeudi 22 octobre 2026,  dans son analyse des dépenses consacrées à l’enseignement primaire, indique que « le Bénin est à la limite des dépenses d’éducation au primaire avec près de 47% des élèves qui atteignent ou dépassent le seuil minimum de compétence » en lecture.

 

Autrement dit, un peu plus de la moitié des élèves évalués n’atteignent pas ce seuil. Le rapport classe pourtant le Bénin parmi les pays dont les dépenses publiques consacrées au primaire et les performances en lecture sont supérieures aux médianes des pays étudiés. Cette position relativement favorable ne signifie donc pas que les apprentissages sont suffisamment maîtrisés. Elle souligne plutôt la nécessité d’examiner les résultats obtenus au regard des ressources mobilisées.

 

Le tableau se complique lorsqu’on observe l’évolution des performances. Entre 2019 et 2025, les résultats des élèves béninois de fin de primaire ont reculé significativement, aussi bien en compréhension de l’écrit qu’en mathématiques. Sur la période 2014-2025, le pays se retrouve même sous son niveau de 2014 en mathématiques. Les progrès enregistrés au début de la scolarité ne se traduisent donc pas durablement par de meilleurs acquis à la sortie du primaire.

 

Ce décalage pose une question centrale : comment consolider les apprentissages fondamentaux tout au long du parcours scolaire ? Les résultats invitent à regarder au-delà de l’accès à l’école et à s’intéresser à ce que les enfants apprennent effectivement, en particulier dans les premières années, puis à la manière dont ces acquis sont entretenus et renforcés jusqu’à la fin du primaire.

 

Une difficulté qui dépasse le Bénin

 

Les résultats béninois s’inscrivent dans une tendance plus large. Dans les 16 pays couverts par l’évaluation, la maîtrise de la lecture et des mathématiques reste insuffisante pour une grande partie des élèves en fin de primaire. En compréhension de l’écrit, seuls 38,5% des élèves atteignent les niveaux 3 ou 4 de l’échelle PASEC, tandis que 61,5% restent en dessous du niveau 3. Le rapport résume ce constat sans détour : « Près des deux tiers des élèves évalués restent donc sous le niveau minimal retenu pour le suivi de l’indicateur. »

 

En mathématiques, la situation est encore plus difficile. Seuls 24,8% des élèves atteignent au moins le niveau 2, contre 75,2% classés au niveau 1 ou en dessous. Trois élèves sur quatre n’atteignent donc pas le seuil de référence retenu dans cette discipline. Ces chiffres régionaux masquent toutefois des différences importantes entre les pays.

 

En lecture, le Gabon se distingue avec 84,7% des élèves classés au niveau 3 ou au-dessus. En mathématiques, le Sénégal et le Gabon figurent parmi les pays où les proportions d’élèves atteignant le seuil de référence sont les plus élevées. À l’inverse, plusieurs systèmes éducatifs affichent des résultats nettement plus faibles.

 

Les trajectoires récentes révèlent également des difficultés communes. Le Bénin, le Congo, le Gabon et le Sénégal ont tous enregistré, entre 2019 et 2025, un recul significatif en lecture et en mathématiques à la fin du primaire. Pour le Cameroun, la baisse concerne la lecture, tandis qu’au Tchad, elle touche les mathématiques. Les progrès réalisés au début de la scolarité ne suffisent donc pas toujours à empêcher une dégradation des acquis en fin de parcours.

 

Transformer les moyens en apprentissages

 

Le rapport met ainsi en évidence deux problèmes liés : la faiblesse des compétences fondamentales et les écarts importants entre les pays. Il montre aussi que des niveaux de dépenses relativement proches peuvent être associés à des résultats très différents. Le financement de l’éducation compte, mais il ne suffit pas, à lui seul, à garantir la maîtrise des apprentissages.

 

Pour le Bénin, les résultats invitent à renforcer le suivi des élèves, à repérer plus tôt les difficultés en lecture et en mathématiques et à mieux comprendre pourquoi les acquis s’érodent entre le début et la fin du primaire. L’objectif n’est pas seulement de maintenir les enfants à l’école, mais de leur permettre d’en sortir avec les compétences attendues.

 

Le PASEC 2024 rappelle ainsi qu’une école performante ne se mesure pas uniquement aux ressources qu’elle mobilise ou au nombre d’enfants qu’elle accueille. Elle se juge aussi à ce que les élèves savent lire, comprendre et résoudre. Pour le Bénin comme pour les autres pays évalués, c’est à cette aune que les progrès du primaire devront désormais être appréciés.

 

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