Photo de famille des participants à l'atelier
Comment mieux suivre les engagements des pouvoirs publics, vérifier les informations sur l’action publique et rendre compte des résultats aux citoyens ? C’est autour de ces enjeux qu’une trentaine d’acteurs des médias, de la société civile et des structures communautaires se sont retrouvés à Parakou, du 14 au 16 octobre 2026, pour une formation sur l’intelligence artificielle (IA) et la lutte contre la désinformation dans le suivi médiatique et citoyen de l’action publique au Bénin.
Organisé par la Fondation pour l’innovation politique et l’action (FIAP), en collaboration avec BANOUTO, dans le cadre du projet « Soutien de l’Union européenne à la CEDEAO en matière de paix, de sécurité et de gouvernance » (EPSG), l’atelier vise à renforcer les capacités des participants à suivre, documenter et vérifier l’action publique, à utiliser l’IA de manière appropriée et à mieux valoriser les résultats de leurs travaux auprès des médias et du public. Le projet EPSG est une initiative multibailleur cofinancée par l’Union européenne, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et le ministère danois des Affaires étrangères (MOFA).
La formation a été animée par Léonce Gamaï Davodoun, journaliste, expert-formateur média, Gérant du GROUPE BANOUTO et Christian Hounongbe, journaliste et formateur IA. Au cours des sessions, les participants ont été outillés sur les repères de l’action publique, les méthodes et outils de suivi des politiques publiques et des engagements électoraux, ainsi que sur les possibilités de collaboration entre les médias et les organisations de la société civile (OSC).
La complémentarité entre médias et OSC a notamment été mise en avant. Les organisations de la société civile peuvent contribuer à documenter les réalités vécues par les communautés, tandis que les médias peuvent vérifier, traiter et diffuser les informations recueillies auprès du public.
La formation a également permis d’explorer les usages pratiques de l’intelligence artificielle dans le suivi de l’action publique. Les outils d’IA peuvent notamment faciliter la recherche documentaire, la veille, l’analyse de documents et l’exploitation de données, y compris pour mieux comprendre des documents publics volumineux. Les participants ont toutefois été sensibilisés aux limites de ces technologies. La production d’informations inexactes, les biais et les contenus synthétiques trompeurs imposent de vérifier les résultats fournis par l’IA et de croiser les informations avec des sources fiables.
La lutte contre la désinformation a constitué un autre volet de l’atelier. Les participants ont travaillé sur les risques qui peuvent compromettre le suivi de l’action publique et sur les pratiques de vérification nécessaires avant de diffuser une information.
La formation a aussi abordé les techniques de prise de parole dans les médias. Les participants ont été sensibilisés à la préparation et à la structuration des messages, à leur adaptation au public ainsi qu’à la maîtrise de la voix, du gestuel et de la présentation. Ces compétences doivent permettre aux acteurs de mieux faire connaître les résultats de leurs travaux, de présenter des constats étayés et de contribuer à une meilleure compréhension de l’action publique par les citoyens.
Au terme de la formation, des participants ont exprimé leur volonté de mettre en pratique les connaissances acquises et de les partager avec leurs collègues et leurs communautés.
« C'est le moment pour moi de partager cette information avec les membres de l'organisation, aussi bien les statutaires que les bénévoles, pour leur faire profiter de cette belle occasion », a promis Hayaath Barres Fousseni, présidente de l’association Wanrou.
« Au sein de ma rédaction, je vais organiser une séance de restitution pour que chacun puisse s'informer », prévoit pour sa part Farouk Dine Mama Sanni, responsable de média.
Phoébé Azonglahoun d’ADISS ONG envisage, elle, de mettre en pratiques les acquis de la session de media training. «Je vais commencer à mieux travailler sur mon gestuel, la voix et l'habillement », a-t-elle déclaré. Edith Assangbé de l’initiative Jeunes, Médias et Société a particulièrement été marquée par la session sur la lutte contre la désinformation. « L'engagement que je prends dès maintenant, c'est de me rassurer de la source des informations que je dois publier avant de les publier », s’est-elle engagée.
Ces engagements traduisent l’ambition de faire de la formation un levier d’amélioration durable des pratiques professionnelles et citoyennes.
À travers cette initiative, la FIAP et BANOUTO entendent contribuer au renforcement des capacités des médias et de la société civile en matière de suivi de l’action publique, d’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et de promotion de l’intégrité de l’information au Bénin.
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