Présidium du lancement du GANO 2026. Mathias Alizannon, SG du ministères de la défense (au milieu)
La sécurité maritime au cœur d’un exercice maritime dans le Golfe de Guinée. Il s’agit de l’exercice multinational Grand African Nemo (GANO) 2026 qui regroupe 36 pays de tous les continents dans le Golfe de Guinée. Les activités de cette opération ont été lancées, mercredi 28 octobre 2026, à Cotonou. L’exercice maritime se déroulera dans la zone dans le Golfe de Guinée notamment de l'Angola jusqu'à la hauteur de la Mauritanie. Les opérations ainsi lancées vont se dérouler jusqu'au 6 novembre 2026.
Le Lieutenant de vaisseau major, Régis Agossou s’est chargé de présenter les activités de l’opération. Selon l’officier en fonction à la préfecture maritime du Bénin, l'objectif général de GANO 2026 est de former les personnels à la gestion d'une crise maritime et de tester les procédures de coordination et de partage de l’information. Il vise également à améliorer la préparation opérationnelle et la capacité nationale de réponse.
Au plan national, le GANO 2026 se veut un moyen d'évaluer des procédures standards opérationnelles et l'implémentation des accords maritimes régionaux. L’opération vise à jauger la réactivité dans la prise de décision et préparer les administrations à une lutte efficace en situation de crise.
Selon l’officier de la marine béninoise, les scénarios et déroulements de l'exercice sont étalés sur une semaine dans le Golfe de Guinée et au plan national. L’opération consiste à mettre en œuvre des scénarios de trafic illicite en mer, de recherche et sauvetage en mer et les entraînements des centres de commandements et d’opérations maritimes et l’exercice Polmar. L’exercice va prendre fin sur un procès fictif suivi d’un débriefing.
Le procès fictif pour le compte de l’Afrique de l’Ouest aura lieu au Bénin. Il a pour but d'évaluer l'existence et la capacité des administrations et du système judiciaire d’y apporter des mises à jour pour faire face au procès en cas de pollution marine.
Responsables de scénarios et moyens engagés
Selon Lieutenant de vaisseau major, Régis Agossou, la responsabilité du scénario Polmar est chapeauté par la préfecture maritime et la Direction générale de l'Agence portuaire, maritime et fluviale (DGAPMF). Des moyens ont été engagés dans l’exercice de GANO 2026. Il s’agit des vecteurs de la marine nationale du Bénin, un hélicoptère léger d’observation de l'armée de l'air, le Centre de commandement des opérations (JOC) de la préfecture maritime, les sémaphores, les ambulances, les laboratoires et les moyens internes de l'ABPC.
Au niveau du Bénin, l’exercice en mer se déroulera au large de Ouidah à Sèmè-Podji. A terre, l’exercice aura lieu au JOC de la préfecture maritime puis au centre de commandement des opérations de la marine nationale. Les postes avancés de l'ABPC seront également exploités. « GANO 2026, c'est agir ensemble, partager l'information, décider rapidement, mettre en œuvre et ajouter les stoppies par administration pour répondre au finish de manière coordonnée aux crises », a signifié le lieutenant de vaisseau major.
La maîtrise de l’espace maritime et la vigilance constante
Dans son intervention, le préfet maritime, Maxime Ahoyo a relevé les attentes de cet exercice face aux enjeux sécuritaire et économique dans le Golfe de Guinée. Selon lui, l’espace maritime qui accueille l’opération occupe une place essentielle dans les échanges commerciaux et les activités économiques du continent. Mais il a fait savoir que le Golfe de Guinée est exposé à des menaces diverses notamment les trafics illicites, la pêche illégale, les actes de piraterie et autres formes de criminalités en mer.
A ces risques, apprend le contre-amiral, s’ajoutent les défis liés à la protection de l’environnement et la sauvegarde des ressources halieutiques. « Ces réalités nous rappellent que la maîtrise de notre espace maritime exige une vigilance constante, des capacités opérationnelles adaptées et surtout une coopération étroite entre Etat et riverains », a laissé entendre le préfet maritime. Selon l’officier, l’exercice se veut un cadre pour éprouver les mécanismes de coordination, renforcer l’efficacité des échanges d’informations et améliorer la conduite des opérations conjointes.
« La qualité de notre réponse collective dépend, en effet, de notre capacité à détecter les menaces, à partager rapidement les renseignements et à agir de manière concertée », a-t-il assuré. Maxime Ahoyo a indiqué que l’efficacité opérationnelle ne repose pas seulement sur les moyens disponibles, mais également sur la confiance entre les acteurs, la clarté des procédures et la complémentarité des interventions.
La GANO 2026 est une opération de grande envergure, affirmé Vincent Anthonioz, Attaché de défense adjoint à l’ambassade de France au Bénin. Selon le chef de bataillon, cet exercice est un jalon central dans la construction d’une réponse collective aux défis maritime auquel le Golfe de Guinée est confronté, du Cap-Vert jusqu’à l’Angola en référence à l’acceptation du processus de Yaoundé.
Le représentant de l’ambassadeur de France a expliqué que les scénarios visent à confronter les participants à des situations réalistes tels que le narco trafic, les formations des équipes de fouilles, surveillance des activités de pêche sauvetage en mer et gestion d’accident maritime.
Dans son discours de lancement, le Secrétaire général du ministère de la défense, Mathias Alizannon a encouragé une réponse collective aux enjeux sécuritaires maritimes. Pour le colonel major, le GANO 2026 est une occasion majeure de renforcer l’interopérabilité des forces, de partager les expériences et d’améliorer les capacités à répondre conjointement aux incidents maritimes.
Le représentant du ministre délégué chargé de la défense a salué l’engagement de la marine nationale française à l’initiative de l’exercice ainsi que l’appui de l’Union européenne. Le colonel major a invité les participants à tirer le meilleur de cet entraînement dans un esprit de discipline de solidarité et de coopération.
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