Jesus de Miguel
Un accident de jeu peut-il conduire un footballeur devant la justice pénale ? C’est désormais l’une des questions soulevées par la mort de Jesús de Miguel, attaquant du CD Tenerife, après un choc avec Jesús Owono, le gardien international équato-guinéen du FC Andorre. Le portier de 25 ans pourrait-il être condamné à une peine de prison ?
Le drame s’est produit lundi 2 novembre 2026, lors de la rencontre entre Tenerife et le FC Andorre, dans les dernières minutes du match. Sorti loin de sa surface de réparation pour tenter d’interrompre une offensive, Jesús Owono est entré violemment en collision avec Jesús de Miguel. Son genou a heurté le haut du corps de l’attaquant, qui s’est effondré sur la pelouse.
L’arbitre a immédiatement exclu le gardien d’un carton rouge direct. La rencontre a ensuite été définitivement interrompue à la 108e minute, tandis que les secours tentaient de réanimer la victime. Transporté à l’hôpital universitaire Nuestra Señora de Candelaria, Jesús de Miguel a succombé à un arrêt cardiorespiratoire. Son décès a été confirmé mardi 3 novembre.
Une enquête pour homicide par imprudence
Selon plusieurs médias espagnols dont La Voz de Galicia, la police nationale a ouvert une enquête confiée à des enquêteurs spécialisés dans les homicides. Les investigations doivent établir les circonstances précises du choc et déterminer si les faits peuvent engager la responsabilité pénale du gardien.
Les enquêteurs pourront notamment examiner les images de la rencontre, les rapports médicaux et les conditions dans lesquelles l’intervention a été réalisée. L’ouverture de cette enquête ne signifie toutefois pas que Jesús Owono sera nécessairement poursuivi ou condamné.
La justice pénale, une issue incertaine
Spécialiste du droit du sport, Miguel Galan a apporté un éclairage sur X. Selon lui, « avec un ballon disputé et un tacle en retard, la tendance actuelle de la Cour suprême espagnole (Tribunal Supremo) conduit au classement de l’affaire ou à la relaxe au pénal ».
Il précise que « pour que les faits relèvent de la justice pénale, il faut prendre en compte l’intention du joueur, et non la gravité des conséquences ». Il ajoute que, selon la jurisprudence espagnole, « les excès commis dans le cadre d'une action de jeu relèvent de la sanction sportive, et non de la justice pénale ».
Cette analyse ne préjuge cependant pas de la décision des autorités judiciaires. Tout dépendra des circonstances établies et de la qualification juridique retenue. Une faute sanctionnée sur le terrain ne constitue donc pas automatiquement une infraction pénale, même lorsque ses conséquences sont dramatiques.
Un gardien profondément affecté
Selon les médias espagnols, Jesús Owono était déjà « très affecté » avant l’annonce du décès. Il aurait souhaité présenter ses excuses en privé, puis prendre contact avec la famille du défunt avant toute déclaration publique. Depuis le drame, le gardien est la cible d’insultes, certains supporters allant jusqu’à le traiter d’« assassin ». Il a fermé son compte Instagram.
Au-delà de la sanction sportive, l’avenir judiciaire de Jesús Owono dépendra des conclusions de l’enquête. À ce stade, rien ne permet d’affirmer qu’il ira en prison. Une certitude demeure : le drame a bouleversé deux joueurs, leurs proches et le monde du football espagnol.
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