Les douzes nouveaux éducateurs diplômés de l'EFPJ
Une nouvelle génération d’éducateurs spécialisés prête à entrer en action. Vendredi 17 avril 2026, au cours d’une cérémonie de sortie, douze éducateurs en éducation surveillée de la deuxième promotion ont reçu leur parchemin à l’École de formation des professions judiciaires (EFPJ), sise à Abomey-Calavi.
Structurée en deux phases de six mois, la formation a alterné enseignements théoriques et stage pratique. Sur le site de l’EFPJ, les apprenants ont suivi une vingtaine de modules destinés à forger leurs compétences techniques et humaines.
Puis, sur le terrain, ils ont été plongés dans la réalité des centres d’accueil et des structures relevant de la protection juridique et judiciaire de l’enfance.
Après une telle formation, la directrice de l’EFPJ, Bernadette Houndekandji Codjovi, dit être consciente que les nouveaux diplômés sont « suffisamment aguerris » pour faire face aux réalités du terrain.
Elle salue des éducateurs spécialisés capables de transformer les contraintes du programme en levier d’apprentissage, acquérant à la fois savoir, savoir-faire et savoir-être.
« Quoi de plus noble que d’être l’artisan au quotidien d’actions concernant la protection, l’accompagnement, la réhabilitation et la réinsertion des enfants en difficulté ! », a-t-elle lancé, soulignant la dimension profondément humaine de ce métier.
Dalil Bankolé Arèmou Idohou est le porte-parole des récipiendaires. Il a insisté sur la nature même de leur future mission. « Le rôle d’un éducateur n’est jamais de juger mais toujours d’accompagner, d’écouter et de guider », a-t-il affirmé, évoquant les réalités parfois éprouvantes rencontrées lors des stages.
Pour sa part, le métier d’éducateur en éducation surveillée n’est pas seulement une profession, mais « un engagement » envers l’avenir de la jeunesse du pays et la société tout entière.
Conscients que les défis seront nombreux et le chemin difficile, les récipiendaires, à travers leur porte-parole, se sont engagés à faire de leur métier un vecteur de justice, de dignité et de transformation au profit des enfants en difficulté.
Un maillon stratégique de la réforme judiciaire
Pour les autorités, cette sortie de promotion s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du système judiciaire béninois. Représentant le ministre de la Justice et de la Législation, Florentin Gbodou met en avant le rôle central des éducateurs dans la chaîne judiciaire.
« Ils sont à la fois les yeux, les oreilles et la tête du juge », souligne-t-il, insistant sur leur présence active sur le terrain, au plus près des familles, des centres d’accueil et des structures éducatives. Loin des bureaux, ces professionnels sont appelés à individualiser l’accompagnement de chaque enfant, dans une logique de prévention de la délinquance et de réinsertion durable.
La cérémonie a également été marquée par la projection d’un film documentaire consacré au métier d’éducateur de l’éducation surveillée. À travers ce regard immersif, c’est toute la dimension humaine de la profession qui s’est révélée.
Parmi les témoignages des intervenants, celui d’Alexandre Degnon, éducateur depuis trois décennies, a particulièrement retenu l’attention. Son engagement, confie-t-il, est intimement lié à son propre parcours.
Ayant lui-même traversé des moments de vulnérabilité, il a trouvé dans ce métier une forme de continuité, presque une dette morale envers ceux qui l’ont soutenu. Travailler avec des enfants en difficulté, explique-t-il, relève autant d’un choix professionnel que d’une histoire personnelle.
Les différents formateurs de cette deuxième promotion d’éducateurs en éducation surveillée s’accordent sur le fait qu’elle arrive avec des compétences consolidées et une conscience aiguë des défis à relever.
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