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Route Sètto-Dassa-Zoumè : ce que le nouveau chantier va changer

Route Sètto-Dassa-Zoumè : ce que le nouveau chantier va changer

Longtemps attendue par les populations, la reconstruction de l’axe Setto-Dassa-Zoumè a été officiellement lancée mercredi 9 septembre 2026. Sur 38,114 km, la route sera reconstruite en 2×2 voies avec un dispositif renforcé de sécurité, d’assainissement et d’accompagnement des populations affectées.

Longtemps attendue par les populations, la reconstruction de l’axe Setto-Dassa-Zoumè a été officiellement lancée mercredi 9 septembre 2026. Sur 38,114 km, la route sera reconstruite en 2×2 voies avec un dispositif renforcé de sécurité, d’assainissement et d’accompagnement des populations affectées.

Photo de famille des autorités ayant assisté au lancement lancement des travaux de reconstruction du tronçon Setto-Dassa-Zoumè, ce mercredi 9 septembre 2026

Photo de famille des autorités ayant assisté au lancement lancement des travaux de reconstruction du tronçon Setto-Dassa-Zoumè, ce mercredi 9 septembre 2026

À Dassa-Zoumè, les discours ont laissé place aux chiffres et aux plans. Au pied des collines, sur l’esplanade intérieur de la nouvelle préfecture, le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, a donné le coup d’envoi d’un chantier présenté comme stratégique pour le Bénin et le corridor Cotonou-Niamey.

 

Pour le maire de Dassa-Zoumè, Armand Lanwin, le moment dépasse le simple démarrage d’un chantier. « La route Setto–Dassa-Zoumé n’est pas une simple voie de circulation. Elle est une route historique, une route qui relie des communautés, facilite les échanges, accompagne les activités économiques et rapproche les populations », a-t-il déclaré. Cette route, dégradée au fil des années, a longtemps pesé sur les déplacements, le transport des marchandises et la sécurité des usagers. Le projet entend changer cette réalité.

 

 

38 km de route, deux voies dans chaque sens

 

Le projet prévoit la reconstruction de 38,114 kilomètres de la Route nationale inter-État n°2 (RNIE 2) en 2×2 voies. Les travaux, prévus sur trois ans, concernent les départements des Collines et du Zou. Selon Abdel Faïz Touré, directeur des opérations du MCA-Bénin Régional, le choix de cet axe tient notamment à son rôle dans le corridor Cotonou-Niamey et à l’intensité du trafic qu’il supporte.

 

La future infrastructure ne se résumera pas à une chaussée élargie. Le projet comprend des ouvrages d’assainissement et hydrauliques, notamment 61 dalots, environ 15 km de caniveaux et 34 km de chaussée. Le pont de Zouto sera également réaménagé : un nouvel ouvrage servira le sens Setto-Dassa, tandis que l’ancien sera réhabilité pour le trafic dans l’autre sens.

 

 

Les aménagements varieront selon les zones traversées. À Dassa, sur environ trois kilomètres en zone urbaine dense, l’emprise atteindra 37,5 mètres. À Paouignan, sur près de deux kilomètres, elle sera de 24,15 mètres. Des aménagements spécifiques sont également prévus dans les zones périurbaines et interurbaines.

 

Autre pièce importante du dispositif : un poste moderne de péage et de pesage à Gankpétin, avec des voies dédiées aux véhicules légers, aux poids lourds et aux véhicules hors gabarit.

 

 

La sécurité au cœur du chantier

 

Sur cet axe marqué par des accidents, la sécurité est présentée comme l’une des priorités du projet. Le concepteur vise une certification de niveau IRAP 3 étoiles. Des signalétiques temporaires, des déviations et des limitations de vitesse seront mises en place pendant les travaux. Les accès aux habitations, écoles, marchés et lieux de culte devront également être sécurisés.

Vue partielle des personnalités ayant pris part au lancement des travaux de reconstruction du tronçon Setto-Dassa-Zoumè, ce mercredi 9 septembre 2026 

 

Le chantier doit aussi prendre en compte son propre impact. Un plan de réinstallation et un plan de restauration des moyens de subsistance des personnes affectées sont prévus. Des mesures porteront sur la réduction des poussières et du bruit, la gestion des déchets et des carrières, la protection du couvert végétal et les reboisements compensatoires. Pour les petits commerces déplacés par les travaux, des places de marché et des hangars sont annoncés. Un mécanisme de gestion des plaintes est déjà opérationnel.

 

 

Une route, mais aussi des emplois

 

Le MCA-Bénin Régional veut également faire du chantier un espace d’apprentissage et d’insertion. Le recours à la main-d’œuvre locale, les opportunités pour les fournisseurs et prestataires des localités traversées et les chantiers-écoles doivent permettre à des jeunes de se former directement aux métiers du BTP.

 

Le coordonnateur national du MCA-Bénin Régional, Afiss Bileoma, a replacé le projet dans une ambition plus large. Le programme dispose de 175 milliards de francs CFA, mobilisés par les États-Unis (plus de 114 miliards de FCFA) et le Bénin (plus de 50  milliards de FCFA) et repose sur deux volets : l’Infrastructure du Corridor et l’Efficacité du Corridor. Cette dernière composante comprend notamment la modernisation du contrôle technique, du pesage et de l’immatriculation, ainsi que la professionnalisation des transporteurs et des conducteurs.

 

 

Pour Georges Alé, l’enjeu dépasse donc largement Dassa-Zoumè. L’axe s’inscrit dans la modernisation de la RNIE 2, sur le corridor reliant Cotonou aux pays de l’hinterland. « Rigueur, célérité et qualité », a résumé le ministre en direction des entreprises et des équipes chargées du chantier. Il a aussi insisté sur le respect des normes techniques, environnementales et sociales et sur la sécurité des travailleurs, des usagers et des riverains.

 

À Dassa-Zoumè, le chantier commence ainsi avec une promesse et une contrainte : construire plus vite et mieux, tout en faisant accepter les poussières, les déviations et les ralentissements qui accompagneront les travaux. Pour les populations, le véritable rendez-vous sera celui de la livraison en 2029. C’est à ce moment que cette route tant attendue devra prouver qu’elle peut devenir, comme l’a souhaité le maire, « un véritable corridor de développement ».

 

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