economie

Financement du logement abordable au Bénin : l’opération Zaka mobilise 15 milliards FCFA

Financement du logement abordable au Bénin : l’opération Zaka mobilise 15 milliards FCFA

Clôturée le 26 octobre 2026 à Cotonou, l’opération ZAKA de BSIC Bénin a mobilisé 15 milliards FCFA sur le marché financier régional. Une masterclass organisée le lendemain mardi 27 a permis de revenir sur les mécanismes de cette titrisation et les enseignements tirés de sa mise en œuvre.

Clôturée le 26 octobre 2026 à Cotonou, l’opération ZAKA de BSIC Bénin a mobilisé 15 milliards FCFA sur le marché financier régional. Une masterclass organisée le lendemain mardi 27 a permis de revenir sur les mécanismes de cette titrisation et les enseignements tirés de sa mise en œuvre.

Des responsables de différentes structures ayant travaillé pour la concrétisation de l'opération Zaka, ce lundi 26 octobre 2026 à Cotonou, à la clôture de cette levée de fonds pour logement abordable au Bénin

Des responsables de différentes structures ayant travaillé pour la concrétisation de l'opération Zaka, ce lundi 26 octobre 2026 à Cotonou, à la clôture de cette levée de fonds pour logement abordable au Bénin

Le financement du logement abordable franchit une nouvelle étape au Bénin. Avec la clôture, ce lundi 26 octobre 2026, de l’opération ZAKA de BSIC Bénin, le programme porté par AFINHAB en partenariat avec BOAD Titrisation confirme la possibilité de mobiliser des ressources longues grâce à la transformation de créances en titres financiers. Présentée lors de la première édition du Capital Reach Forum, à Cotonou, cette opération a permis de lever 15 milliards de francs CFA, entièrement placés auprès des investisseurs.

 

Pour Iliassou Seïbou, directeur du département des finances et de la comptabilité de BSIC Bénin, le résultat marque l’aboutissement d’un pari financier et social. « Avec 15 milliards de francs CFA, le compartiment FTC-ZAKA BSIC Bénin 2026-2033 est le plus important du programme ZAKA à ce jour et est aussi sa première obligation sociale », a-t-il souligné.

 

Une opération tournée vers les ménages

 

Au-delà du montant mobilisé, l’opération vise à renforcer les capacités de financement du logement abordable. BSIC Bénin s’est engagée à affecter l’intégralité des fonds levés à des projets de logement dont le coût unitaire ne dépasse pas 150 millions FCFA. Le dispositif doit permettre de financer aussi bien des acquéreurs que des promoteurs immobiliers.

 

La titrisation offre à la banque une autre manière de gérer son bilan. En cédant une partie de ses créances à un fonds commun de titrisation, elle diversifie ses sources de financement et libère des capacités pour accorder de nouveaux crédits. « C’est exactement ce dont le crédit hypothécaire a besoin pour se développer dans notre pays : des ressources longues et stables », a expliqué Iliassou Seïbou.

 

Vue partielle des participants à la cérémonie de clôture de l'opération Zaka, ce lundi 26 octobre 2026 à Cotonou

L’opération a également bénéficié d’une structuration destinée à sécuriser les investisseurs. Selon les intervenants lors de la clôture de l’opération, les tranches Senior et Mezzanine ont reçu respectivement les notes AAA et AA- de l’agence GCR, tandis que le cadre de l’obligation sociale a été évalué SQS2 par Moody’s. Les 15 milliards FCFA ont été entièrement placés, avec la participation d’investisseurs de plusieurs pays, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Sénégal.

 

Théodore Ganflé, directeur général de la SGI Africaine de gestion et d’intermédiation (AGI), a indiqué que les souscriptions comprenaient 10 milliards FCFA sur la tranche Senior et 3 milliards sur la tranche Mezzanine. Les tranches Junior ont été souscrites directement par BSIC Bénin. Pour lui, la diversité des investisseurs, des banques aux organismes institutionnels en passant par les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, illustre l’attrait de cette structuration, qui permet à chacun de choisir un niveau de risque adapté à son profil.

 

Pour Yedau Ogoundélé, directrice générale d’AFINHAB, le nom même du programme traduit sa vocation. « ZAKA en langue moré, ça veut dire la maison, le foyer », a-t-elle expliqué. Les trois opérations réalisées dans le cadre du programme ont permis de mobiliser au total 30 milliards FCFA. « Au-delà de ces chiffres, ce sont très concrètement des ménages qui ont des revenus modérés qui vont pouvoir faire l’acquisition de logements ici au Bénin », a-t-elle ajouté.

 

Une masterclass pour partager les enseignements

 

Le mardi 27 octobre, une masterclass consacrée au thème « Du mandat au closing – cas des opérations Keur Samba et ZAKA » a prolongé les échanges. Des responsables de BOAD Titrisation, de NSIA Banque Bénin, de BSIC Bénin, de la SGI-AGI, du cabinet BCLP, d’AFINHAB et de Proparco ont partagé leurs expériences et décrypté les différentes étapes d’une opération de titrisation.

 

Les discussions ont notamment porté sur la structuration financière, les exigences juridiques, le rôle des investisseurs de référence et les obligations de suivi après l’émission. Jean-Philippe Etnard, directeur général adjoint de BOAD Titrisation, a rappelé que la réussite de ce type d’opération repose sur la confiance et l’engagement des différents intervenants. Une titrisation mobilise de nombreux acteurs et exige une coordination étroite, depuis la sélection des créances jusqu’au suivi des remboursements.

 

Les retours d’expérience ont aussi insisté sur la préparation en amont. La banque cédante doit identifier des créances éligibles, mobiliser ses équipes internes et anticiper les obligations de reporting. Le travail ne s’arrête pas à la clôture : le suivi des flux, le respect des engagements et la mesure des résultats demeurent indispensables pour préserver la confiance des investisseurs.

 

La dimension sociale a occupé une place centrale dans la masterclass. Une obligation sociale finance des projets à impact positif, à condition que l’utilisation des fonds soit encadrée, traçable et suivie. Dans le cas de ZAKA, des critères prévoient notamment de favoriser les primo-accédants, les zones rurales ou insuffisamment desservies et les financements de montants plus accessibles.

0 commentaire

0 commentaire