politique

Fraudes aux Élections communales 2026 : des aveux à la Cour suprême

Fraudes aux Élections communales 2026 : des aveux à la Cour suprême

Des irrégularités présumées dans un bureau de vote de l’arrondissement d’Atomey, commune d’Aplahoué, ont été examinées, jeudi 19 février 2026 lors d’une audience publique de la Cour suprême. Un militant d'appartenance présumée de l’Union progressiste le renouveau (UPR) reconnaît à la barre avoir participé à des votes frauduleux après entente avec un acteur qui serait du parti Bloc républicain (BR).

Des irrégularités présumées dans un bureau de vote de l’arrondissement d’Atomey, commune d’Aplahoué, ont été examinées, jeudi 19 février 2026 lors d’une audience publique de la Cour suprême. Un militant d'appartenance présumée de l’Union progressiste le renouveau (UPR) reconnaît à la barre avoir participé à des votes frauduleux après entente avec un acteur qui serait du parti Bloc républicain (BR).

Un recours en réformation des résultats électoraux déposé par deux candidats du parti Union progressiste le renouveau a conduit à des révélations détaillées sur un système présumé de votes multiples organisé dans un bureau de vote local.

 

Les requérants contestent les résultats du scrutin communal du 11 janvier 2026 dans l’arrondissement concerné, évoquant « des irrégularités graves » susceptibles d’avoir « altéré la sincérité du scrutin ». Selon leur exposé, à l'audience du jeudi 19 février à la Cour suprême, des cas de bourrage d’urnes auraient été orchestrés par deux individus d'appartenance présumée respectivement à l’UPR et au Bloc républicain. Ils dénoncent également l’usage de cartes d’électeurs appartenant à des tiers ainsi que l’annulation volontaire de bulletins favorables à leur liste.

 

À la barre, le premier titulaire de la liste de l’UPR a déclaré qu’un militant de son propre parti, présent dans la salle d’audience, avait participé à ces manœuvres. Il a demandé à la juridiction de « reconnaître ces irrégularités » et de « réexaminer tous les bulletins » du poste de vote visé.

 

Il a précisé que sur 541 électeurs inscrits, 260 avaient voté, estimant qu’« au moins 84 votes » auraient été frauduleusement effectués par deux personnes, auxquels s’ajouteraient « 40 autres » réalisés par un seul individu. Il sollicite l’annulation du résultat du bureau et la suppression d’un siège attribué au Bloc républicain.

 

Le représentant de la Commission électorale nationale autonome a, pour sa part, soutenu que les affirmations avancées ne reposaient sur « aucune preuve matérielle », contestant la crédibilité des accusations portées contre le processus électoral.

 

Récit détaillé d’un mécanisme présumé

 

Entendue comme témoin, la représentante de l’UPR dans le bureau de vote incriminé a décrit une scène survenue vers 14 heures, moment où l’affluence aurait fortement chuté. Elle affirme que le représentant du Bloc républicain aurait alors proposé à un militant  UPR présumé présent sur place de verser de l’argent (10 mille FCFA) au président du bureau afin d’obtenir l’autorisation d’effectuer des votes multiples. Selon son témoignage, il aurait été convenu que chacun disposerait de 50 bulletins.

 

Elle a expliqué que la procédure consistait à prendre cinq bulletins, voter successivement, puis laisser l’autre faire de même, répétant l’opération jusqu’à atteindre le quota prévu. L’opération se serait poursuivie jusqu’à ce qu’un commandant de police passe à proximité, interrompant momentanément l’action. Elle affirme que les deux hommes étaient alors chacun à 42 votes.

 

Le militant UPR présumé mis en cause a confirmé les faits. Il a déclaré qu’il se trouvait chez lui lorsque le représentant présumé du Bloc républicain l’a contacté pour lui signaler la faible participation. Il a reconnu avoir accepté, arrivée sur les lieux, la proposition consistant à « faire un geste » financier au président du bureau afin de pouvoir voter plusieurs fois.

 

Il a indiqué qu’ils avaient d’abord réuni 4 000 francs CFA chacun, somme jugée insuffisante, avant de porter la contribution totale à 10 000 francs CFA pour satisfaire les cinq membres du bureau. Il a admis avoir lui-même effectué 42 votes avant de quitter les lieux au moment après suspension de l’opération. Il a reconnu, en réponse aux questions du président de la formation, qu’il savait enfreindre la loi au moment des faits.

 

La représentante UPR affirme avoir protesté lorsque le second protagoniste aurait poursuivi seul l’opération après le départ du premier et du commandant de police. Elle dit avoir exigé que mention de ces événements figure au procès-verbal. Selon son récit, le président du bureau aurait promis de l’inscrire mais ne l’aurait pas fait, ce qui l’aurait conduite à refuser de signer le document officiel.

 

Face à ces aveux, le procureur de la République devrait être saisi pour la poursuite en pénal des personnes qui ont joué un rôle dans l’affaire.  Les fraudes électorales, corruption d’agent électoral, de votes multiples sont des infractions prévues dans le code pénale. 

0 commentaire

0 commentaire