Prix national de la simplification administrative au Bénin. Image d'illustration
L'executif béninois fait appel à l’intelligence collective. Le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, et le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, ont présenté cette initiative le mercredi 28 octobre 2026 lors d'une conférence de presse à Cotonou.
Le « Prix national de la simplification administrative » est une prime à l’innovation administrative. Son objectif est de provoquer un choc de simplification ou d’allègement des procédures, en suscitant, en recueillant et en récompensant les propositions qui les rendent plus simples, plus rapides, moins coûteuses et plus accessibles. Chaque procédure allégée, c’est du temps rendu aux usagers, des coûts en moins pour les entreprises et les ménages et de la croissance en plus.
Quelles procédures administratives concernées
Le Prix ne se limite pas aux prestations délivrées par les ministères. Il concerne également l’ensemble des services de l’État. Toute proposition susceptible de rendre les procédures administratives plus simples et moins coûteuses peut ainsi être soumise aux organisateurs.
Le dispositif vise à faire émerger des solutions concrètes pour réduire les tracasseries administratives et améliorer la qualité des services publics. Les propositions peuvent notamment porter sur la réduction des délais de traitement, la limitation des déplacements, la dématérialisation des démarches, l’automatisation des procédures ou le partage d’informations entre administrations pour éviter de réclamer plusieurs fois les mêmes pièces aux usagers. Les solutions numériques, l’archivage électronique et le partage d’informations entre administrations figurent également parmi les pistes envisageables.
Le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, a insisté sur la nécessité de réduire les contraintes liées aux démarches administratives.
« Si aujourd'hui nous sommes capables de faire une prestation en une journée, pourquoi demain, on ne chercherait pas à la rendre en une heure ou en deux heures de temps ? », a renchéri Wilfried Léandre Houngbédji.
Qui peut participer au prix ?
Le concours est ouvert à deux grandes catégories de participants.
La première regroupe les agents de l’administration publique en service dans les ministères, les institutions de la République, les services déconcentrés et décentralisés ainsi que les autres organismes publics. Ces agents peuvent s’appuyer sur leur connaissance des procédures pour proposer des solutions adaptées.
La seconde catégorie concerne les citoyens et les acteurs socio-économiques. Elle comprend notamment les travailleurs, les entreprises, les associations, les organisations de la société civile, les cabinets d’expertise et de recherche ainsi que les autres usagers des services publics.
En tant que citoyens, les étudiants, les lycéens et les collégiens âgés de moins de 18 ans peuvent également postuler à ce prix. Pour participer, ils doivent simplement obtenir une autorisation parentale, selon les précisions du ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji.
Les candidats ne sont pas tenus de maîtriser le fonctionnement de l’administration ni de présenter un dossier volumineux.
« Participer est simple. Nul besoin de connaître le fonctionnement de l’administration ni de rédiger un long document, il suffit de décrire la démarche, la difficulté rencontrée et la solution que vous proposez », a expliqué Valentin Sokpin, président du comité technique du Prix. Il a précisé que tous les domaines sont concernés.
Comment soumettre une proposition ?
Les candidats doivent déposer leurs propositions sur la plateforme dédiée : https://prix-simplification.gouv.bj.
La période de dépôt est prévue du jeudi 29 octobre au jeudi 12 novembre 2026.
Le formulaire permet de renseigner la catégorie du participant, la procédure ou le service concerné, l’administration compétente, les difficultés constatées et la solution proposée. Les candidats doivent également préciser les améliorations attendues pour les usagers ou l’administration, ainsi que les éventuelles contraintes et les pièces justificatives utiles. Les propositions doivent respecter les textes en vigueur.
Quelles critères d’évaluation
Les propositions recevables seront évaluées par un jury pluridisciplinaire. Plusieurs critères seront pris en compte, notamment la pertinence du problème identifié, le caractère réellement simplificateur de la solution et son caractère innovant.
Le jury examinera également l’impact attendu pour les usagers et l’administration, la faisabilité juridique, technique, organisationnelle et budgétaire de la proposition, ainsi que son potentiel de généralisation à d’autres services ou administrations.
L’objectif est de distinguer les solutions susceptibles d’apporter des améliorations concrètes au fonctionnement des services publics.
Pour quelles récompenses
Les meilleures propositions seront récompensées. Les lauréats recevront notamment un trophée ou un certificat officiel, une reconnaissance institutionnelle et un accompagnement pour la mise en œuvre de leur solution.
« Les meilleures idées seront récompensées et la sélection sera impartiale. 40 millions de francs sont prévus », a indiqué Valentin Sokpin, président du comité technique du Prix.
Plusieurs catégories spécifiques sont prévues : le Prix Agent public, le Prix Citoyen, le Prix Entreprise/Organisation, le Prix Innovation numérique et le Grand Prix national de la simplification administrative.
Des propositions susceptibles d’être mises en œuvre
Au-delà des récompenses, le Prix doit permettre de constituer un vivier national de solutions de simplification administrative, selon une publication du gouvernement en date du 12 octobre 2026.
Les propositions jugées les plus pertinentes feront l’objet d’une analyse de faisabilité juridique, organisationnelle, technique, numérique et budgétaire. Elles pourront ensuite être expérimentées et mises en œuvre avec les administrations compétentes.
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